A Singapour, un stade high tech made in France

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 13 juin 2014

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A Singapour, un stade high tech made in France
Alors que toutes les caméras du monde sont braquées sur les stades brésiliens, Singapour s'apprête à livrer son "Sports Hub", une superstructure de 55.000 places et neuf bâtiments, qui aura coûté 770 millions d'euros. La construction, confiée à des entreprises françaises, sera terminée dans deux semaines.

Ils sont chouettes, coûteux et peut-être périssables, les nouveaux stades brésiliens. A Singapour on les préfère high tech. Projet pharaonique, le Sports Hub est construit par la filiale asiatique de Bouygues et par une bonne dizaine d'entreprises françaises, qui ont mobilisé 4.000 ouvriers et ingénieurs.

C’est l’un des seuls stades au monde à pouvoir moduler terrains de foot, de rugby mais aussi de cricket, l’un des sports favoris en Asie.


Le dôme métallique du Sports Hub se fond parfaitement dans le paysage urbain de la mégapole singapourienne. Ce toit, qui évoque une carapace de tortue était de loin l'ouvrage le plus important du chantier pour Ludwig Reichhold, PDG de la branche asiatique de Bouygues :

Il y a plus de 10.000 tonnes de charpente métallique, c'est plus gros que la Tour Eiffel. Le gouvernement de Singapour voulait un stade complètement couvert. Ici, non seulement il pleut souvent, mais il pleut à l'improviste. On ne peut pas faire venir Madonna et lui dire qu'il va peut-être pleuvoir dans un quart d'heure.


Le Sports Hub en construction / CC Flickr HenryLeongHimWoh


Mais sous ces latitudes tropicales, un stade couvert, c'est la garantie d'une étuve dès lors qu'il se remplit de spectateurs. Pour respecter les strictes consignes gouvernementales en matière d'économies d'énergie, le maître d’œuvre a imaginé un système de refroidissement situé dans les gradins eux-mêmes. De l'air à 23° est soufflé à travers des fentes placées sous chaque siège.

Un système d'appoint a même été pensé pour rafraichir le stade plus longtemps, notamment lors de parties de cricket, qui peuvent durer 10 heures. Des sous-sols du stade sont remplis d'"Ice Balls", des glaçons en capsules, brevetées par la PME Cryogel, basée en Normandie.

Boulettes glacées © Cryogel


Dans l'ombre de Bouygues, huit autres entreprises françaises ont séduit par leur savoir faire. Elles gèrent l'énergie, la mécanique, jusqu'à la domotique et la billetterie. Delta Dore décroche ainsi son premier contrat en Asie.

La société de taille intermédiaire surveillera et pilotera tous les équipements techniques du site depuis la salle de contrôle. Elle est par exemple la seule à pouvoir coordonner ascendeurs, climatisation et vidéosurveillance. Son responsable Christophe Venot.

On est un petit constructeur qui sait s'allier à tout un tas de grandes marques dans tous les domaines. C'est extrêmement important car les exploitants du site ont entre une heure et quatre heure pour corriger tous soucis technique révélé par le système.



Le Sports Hub sera géré par Bouygues pendant 25 ans, dans le cadre d'un partenariat public privé. Le géant cherche des idées pour remplir ses 55.000 places. Parmi elles : la création ex nihilo d'une ligue de foot pour faire jouer des matches dans le stade et attirer les foules.

Reportage pour le Mouv' de Carrie Nooten. Mise en page : Sébastien Sabiron.

Image d'illustration : CC Flickr Acroamatic.


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