À chaque fois que tu penses aux années 90, tu tues un panda roux

L'Actu au Karcher Mardi 09 juillet 2013

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À chaque fois que tu penses aux années 90, tu tues un panda roux
Bon, ça suffit, les années 90. Ok, ça nous rappelle des souvenirs, ok on connaît encore Gala par coeur, mais parler de Scatman et de blouson en jeans est aussi un danger terrible pour la survie de notre espèce. Elodie Font nous le prouve.

 

Il faut qu’on parle, vous et moi : est-ce que vous vous rendez compte qu’en écoutant la matinale du Mouv sur les années 90, vous venez de planter votre journée, et celle de la planète en même temps.

Dès que quelqu'un évoque Dance Machine volume 1000, il y a des conséquences désastreuses pour la planète. Au moment même où nous parlons, un panda roux vient de mourir. Peut-être. J’ai lu cette phrase un jour, je me suis dit que j’allais la ressortir, je sais pas du tout ce que ça veut dire. Ou alors c’était un marin qui venait de mourir parce que ma pote venait d’allumer une clope avec une bougie. Je ne sais pas, je ne sais plus et je reste planté là (vous pouvez chanter cette phrase, c'est fait pour).

Anyway, comme disent les bilingues… et les acteurs dans les séries américaines… revenons au drame de la matinée : nous reparler des années 90.

A cause de ce thème, le monde est replongé dans la lumière terne du passé, et surtout les militants UMP qui cherchent désespérément, encore et encore, à revivre 2007. Tu crois que c’est facile d’être militant UMP en ce moment ? Non seulement t’as plus une thune, parce que t’as tout donné pour sauver ton parti des eaux, mais en plus, tu es condamné à revivre un jour sans fin en permanence. Oui, militer à l’UMP, c’est un peu être Bill Muray. Tu revis 2007, et à chaque fois, tu jouis un peu plus.

Voilà la conséquence de cette matinale passéiste : faire jouir les militants UMP.

Et puis, remonter dans le passé, remonter dans le passé... on se rappelle de ce que c'était les années 90 ??!

La veste en jean que tu as élimé année après année, ce singe Waikiki que tu gardes en porte-clés, la collection de Kickers de la fille que tu convoitais, un chouchou dans les cheveux, des élastiques entre les bagues de dents.

Wikipédia qui n’existe pas, les photos de chatons tellement rares et, surtout, dans les années 90, l’équipe de France de foot qui gagne, oui je sais que ça paraît improbable, et surtout personne ne savait, à part elle-même et encore, qui était Nadine Morano. Imaginez comme le monde était triste. Un monde sans blonde en politique.

Rappelle-toi, bon sang, les gens disaient « bon sang », quand ils arrivaient à prononcer quelques mots. Parce que le reste du temps, nous communiquions par onomatopées.

 

Oui, ta matinale années 90 nous plonge dans les heures sombres de notre histoire où nous chantions bibabobibobu… où l’on était obligés de se taper soit un quart d’heure américain pour choper… soit la choré d’un boys band au corps parfait… et pour ceux qui n’ont, comme moi, jamais réussi à faire la roue et qui savent uniquement danser la macarena, je peux vous dire que les années 90… c’était l’enfer de la boum.

Mais ce n’est pas tout, quand vers 1995, on a commencé à mettre des mots sur les choses… on a commencé par signer les poèmes qu’on s’écrivait sur nos cahiers de textes… oui parce qu’on était tellement perdus qu’on s’écrivait sur du vrai papier, avec des stylos plume qu’il fallait recharger avec des cartouches d’encre… on allait par 10 à l’usine chercher des piles de cartouches et on se les répartissait.

Et quand on s’écrivait sur nos agendas, on finissait par big bisous bien baveux… avec un gros B.

Ça me fout un choc à chaque fois.

Comment l’apprentissage de la vie a-t-il pu être si dur ?

Mais tu sais, le plus grave, c’est qu’avec nos mémoires sélectives à la con, qu’avec nos mémoires de militant UMP, on a l’impression que les années 90, c’était le paradis, on a l’impression qu’on peut redanser sur du Mylène Farmer sans impunité.

Mais la police du temps veille. Et à force de se replonger dedans, les onomatopées et les sweats amples avec un rat dedans vont revenir à la mode. Et… j’ai très peur des rats. Merci de penser à mes phobies.

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