2020, le bac n'existe plus

Mouv' Futur (2015-2016) Vendredi 06 février 2015

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2020, le bac n'existe plus
Chaque soir, la rédaction de Mouv' vous emmène en 2020. Un futur proche, qui fait un peu flipper ou qui donne carrément envie de se projeter. Et si le baccalauréat était remplacé par un contrôle continu ? Forcément moins de stress, mais pour quels résultats ?

 

La réalité :

Le débat est relancé chaque année quand arrive le mois de juin : le baccalauréat sert-il vraiment à quelque chose ? 687.000 candidats en 2014 et 87,9% de réussite. Tout ça pour cent millions d'euros dépensés. Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? Luc Ferry, ancien ministre de l'Education Nationale, balançait l'an dernier, provocateur, que "pour ne pas avoir son bac aujourd'hui, il faut en faire la demande".

 

Faut-il supprimer le bac ? Reportage du magazine "28 minutes" © Arte, 2014

 

Cette exagération évidente résume pourtant bien le malaise. Un diplôme trop facilement délivré perd de sa valeur. Le bac (du moins dans ses filières générales) est désormais surtout symbolique. Il s'agit d'un grand rendez-vous républicain, marquant l'achèvement des études secondaires.

En Espagne, le système de notation est différent. Le bachillerato est un système de contrôle continu sur deux ans. Il évite le stress du bachotage de dernière minute mais a tendance à décourager ceux qui alignent les mauvaises notes en début de cursus. D'après l'OCDE, le taux de décrochage atteignait les 30% en 2005 en première année de bachillerato, et le taux de réussite au bachillerato en 2009 n'était que de 45%.

 

La fiction :

Après des dizaines d'années de tergiversation, le gouvernement français finit par trancher et supprime l'examen final du baccalauréat en 2018. Les lycéens passant en terminale cette année-là sont les derniers à passer le bac tel qu'on l'avait connu jusqu'à présent. L'année scolaire 2019-2020 est donc la première se déroulant en contrôle continu à 100%.

Cette expérimentation est encore trop récente pour offrir des statistiques fiables. Il semble qu'il n'y ait pas eu davantage d'absentéisme (la présence en cours reste obligatoire jusqu'à 16 ans), mais les retours des enseignants montrent un fossé grandissant entre les bons et les mauvais élèves.

 

Amayel (à droite) et ses amies de terminale littéraire, au lycée Molière de Paris © Augustin Arrivé

 

Amayel, croisée à la sortie du lycée Molière, dans le chic XVIe arrondissement parisien, considère que ce changement de systême est uniquement positif : cette élève brillante vit une année plus sereine que les promos précédentes : pas de risque de copie blanche le jour de l'examen final. Et d'après elle, les élèves en difficulté sont aidés tout au long de l'année par les autres. Ils ne se retrouvent pas seuls face au stress de juin.

 

Les questions :

L'Education Nationale, en suivant le modèle espagnol, va-t-elle aboutir aux mêmes écueils que nos voisins ibériques, ou bien ce contrôle continu permettra-t-il au contraire de mieux fixer le socle des connaissances chez les futurs bacheliers ? La fin du bachotage permet-elle de tranquilliser les élèves les plus fébriles, ou bien la prise en compte de chaque note décourage-t-elle ceux qui échouent aux premiers contrôles de l'année de terminale ?

 

Reportage : Augustin Arrivé

Photo de couverture : Cc FlickR Patrick Guyennon

 

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