2020, le bac 100% contrôle continu

Mouv' Futur (2015-2016) Lundi 09 mars 2015

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2020, le bac 100% contrôle continu
Chaque soir, la rédaction de Mouv' vous emmène en 2020. Un futur proche, qui fait un peu flipper ou qui donne carrément envie de se projeter. Et si le baccalauréat était remplacé par un contrôle continu ? Pour les profs, c'est une grande responsabilité : leurs notes déterminent l'obtention du diplôme.

 

La réalité :

Le débat est relancé chaque année quand arrive le mois de juin : le baccalauréat sert-il vraiment à quelque chose ? 87,9% de réussite en 2014. Luc Ferry, ancien ministre de l'Education Nationale, balançait l'an dernier, provocateur, que "pour ne pas avoir son bac aujourd'hui, il faut en faire la demande". L'idée germe donc de s'inspirer du modèle espagnol et de troquer cet examen contre une validation du contrôle continu de l'année de terminale.

L'intérêt immédiat serait économique : l'organisation du bac coûte à l'Etat cent millions d'euros chaque année. Ce peut aussi être un moyen d'évaluer plus justement le niveau des élèves : un bon élève peut être pris en défaut le jour de l'examen, mais pas sur l'ensemble de l'année. C'est ce que nous évoquions le mois dernier lors du premier épisode de cette série de reportages :

 

Amayel (à droite) et ses amies, héroïnes du premier épisode de notre feuilleton © Augustin Arrivé

 

En revanche la pression est grande sur les épaules des professeurs: certains correcteurs du bac témoignaient déjà (comme dans cet article de L'Obs) de leurs doutes quant à la sévérité de leur notation à l'examen final. Ce passage au contrôle continu ferait peser sur eux l'entière responsabilité de l'obtention du diplôme : un professeur trop sévère pourrait désavantager sa classe.

 

La fiction :

Après des dizaines d'années de tergiversation, le gouvernement français finit par trancher et supprime l'examen final du baccalauréat en 2018. Les lycéens passant en terminale cette année-là sont les derniers à passer le bac tel qu'on l'avait connu jusqu'à présent. L'année scolaire 2019-2020 est donc la première se déroulant en contrôle continu à 100%.

 

Wilfrid Blasquez, prof de français et d'histoire-géo en lycée pro en Seine-Saint-Denis © Augustin Arrivé

 

Wilfrid Blasquez est professeur en lycée professionnel, filière gestion et administration. Il s'occupe d'une classe de première et d'une classe de terminale. Pour éviter ces accusations de favoritisme, il a mis en place, dès le mois de septembre, un système d'échange de copies avec ses collègues : une fois par mois, c'est un autre prof de français et d'histoire-géo de l'établissement qui s'occupe des corrections de ses élèves. Et ça fonctionne, même s'il y aura toujours des mécontents.

"Le bac avait un aspect symbolique important, un marqueur de la fin des études", regrette l'enseignant, neuf ans de carrière. "Et il pouvait se créer cette année-là une dynamique lorsque les élèves voyaient que le prof tenait à ce qu'ils aient tous leurs bacs en juin." Depuis septembre, il a l'impression que les élèves les plus en difficulté ont plus nettement décroché.

 

Les questions :

Ce contrôle continu permettra-t-il au contraire de mieux fixer le socle des connaissances chez les futurs bacheliers ? La fin officielle d'un barême commun va-t-elle creuser le fossé entre les établissements les mieux côtés et ceux qui souffrent déjà d'une mauvaise réputation ? Au délà des notes, la jeunesse a-t-elle besoin de ce type de rendez-vous républicains ?

 

Reportage : Augustin Arrivé

Photo de couverture : Cc FlickR ccarlstead

 

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