"Zootopie" : pas si bêtes [cinéma]

Par Sébastien Sabiron / le 16 février 2016
Zootopie : pas si bêtes (cinéma)
Le dernier Dsiney nous embarque dans une ville peuplée d'animaux vivant en harmonie. Une lapine policière et un renard escroc forment un duo improbable pour enquêter sur des disparitions inquiétantes. Un régal pour les yeux et les zygomatiques.

Judy Hopps est une jeune lapine, déterminée a échapper au destin de cultivatrice de carottes auquel elle est promise, comme ses 275 frères et sœurs. Major de sa promo à l'école de police, elle devient la première flic lapine de la grande ville de Zootopie.

Par un concours de circonstances, elle fera équipe avec Nick Wilde, un renard (forcément) roublard, virtuose de l'arnaque.

Premier classique Disney entièrement centré sur des animaux depuis Frère des Ours en 2004, Zootopie imagine une mégapole qui abrite tous les animaux de la création. La ville est divisée en plusieurs parties : climat désertique, tempéré, tropical et glaciaire.

Les proies et les prédateurs cohabitent en bonne intelligence, mais les préjugés sont tenace et un événement mystérieux va perturber ce fragile équilibre. 

Le tramway de Zootopie © The Walt Disney Company


Zootopie
frappe d'abord par sa richesse visuelle. Sous la houlette du producteur John Lasseter (ancien de Pixar et papa de Toy Story), le film concentre tout le savoir faire Disney en matière d'animation animale.

Chaque plan fourmille de détails et de clins d'oeils cachés dans l'image qui justifieraient preque un second visionnage. 

Zootopie © The Walt Disney Company


Calquée sur le genre "buddy movie" (des duos de flics produits à la pelle par Hollywood), l'intrigue ultra classique fait la part belle à la comédie pure. On retiendra le scène déjà culte avec le paresseux guichetier de préfecture.

Le Yak incarné par Thomas Ngijol © The Walt Disney Company


Les seconds rôles donnent l'occasion aux nombreuses voix françaises de s'en donner à cœur joie, à l'image de Thomas Ngijol qui incarne un Yak beatnik et naturiste :

Il n'y a que dans l'animation que je peux me promener à poil, fumer des joints et sentir mauvais. C'est du pain béni. Dans l'interprétation, j'avais le champ libre, je n'ai pas essayé de calquer la version américaine, un truc un peu "dude" qui ne collait pas à nos références. Il m'ont demandé d'apporter un peu de moi au personnage, ce que j'ai fait.


 

Thomas Ngijol (Yak) et Pascal Elbé (le chef Bogo) © Sébastien Sabiron


Forcément calibré pour le public jeunesse, Zootopie devrait plaire aussi aux adultes. Disney est passé maître dans l'art du second degré. De nombreuses références à la pop culture sont glissées dans le récit, permettant une double lecture dans une grande partie des scènes

Une séquence fait d'ailleurs directement référence à Breaking Bad, série on ne peut plus adulte, à ne pas mettre dans toutes les mains. Si l'ensemble reste assez formaté, cette liberté de ton séduit et se démarque des précédentes productions Disney.

Le chef Bogo, doublé en français par Pascal Elbé © The Walt Disney Company


Zootopie
alterne action et comédie à un rythme effréné, sans négliger la parabole sur le vivre ensemble, les préjugés, le communautarisme, le racisme ou la misogynie. Furieusement actuelle, la problématique est illustrée habilement, sans jamais verser dans la leçon de morale à deux euros.

Bien sûr, tout cela pourra parfois paraître un peu gnan-gnan, mais le métrage est assez divertissant pour passer outre. 

Claire Keim (l’adjointe au maire Bellwether) et Fred Testot (Benjamin Clawhauser) © Sébastien Sabiron


Trois ans après la Reine des Neige, Disney tient peut-être son nouveau carton plein, avec des animaux et hors coproduction Pixar. Le dernier gros succès du genre parmi les "classiques Disney" c'était le Roi Lion en 1994.


Zootopie
, de Byron Howard et Rich Moore. Avec Pascal Elbé, Thomas Ngijol, Fred Testot, Claire Keim... / Au cinéma le 17 février.


 

Images d'illustration © The Walt Disney Company

Par Sébastien Sabiron / le 16 février 2016

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