"Warcraft : le commencement", du miel pour les geeks

Par Sébastien Sabiron / le 25 mai 2016
"Warcraft : le commencement", du miel pour les geeks
Annoncée il y a dix ans, maintes fois reportée, l'adaptation ciné du jeu d'héroïc fantasy réussit plutôt son entrée en matière. Deux heures de bastons épiques entre les orcs et les humains. Les fans apprécieront. Le grand public sans doute un peu moins.

Bon, si vous n'y connaissez rien au sujet, pas besoin d’entamer un cursus en "warcraftologie" avant d'aller voir le film. Le synopsis tient en quelques lignes : dans un univers médiéval habité par la magie, les humains vivent en paix. Le royaume d'Azeroth est envahi par une horde d'Orcs déchaînés.


Librement inspiré de Donjons et Dragons et du Seigneur des Anneaux, Warcraft fait son apparition sur PC en 1995. Un jeu de stratégie en temps réel qui connaîtra plusieurs suites et un succès grandissant jusqu'à World of Warcraft qui constitue la vraie bascule en 2004.

Avec la généralisation du haut-débit, "WoW" s'impose comme le MMORPG (jeu de rôle en ligne massivement multijoueur) le plus populaire de tous les temps


Annoncé dès 2005, le projet d'adaptation ciné connaîtra un parcours chaotique. En 2009, Sam Raimi (Evil Dead, la première trilogie Spiderman) est pressenti à la réalisation, mais jette l'éponge trois ans plus tard.

Finalement, le projet est confié à Duncan Jones (le fils de David Bowie, réalisateur de Source Code et de l'excellent Moon) et se dote d'un budget de 160 millions de dollars. Le tournage débute en 2014 suivi de 20 mois de post-production, notamment pour travailler les effets spéciaux. 

Travis Fimmel (Anduin Lothar) et le réalisateur Duncan Jones © 2016 Universal Pictures


Et des effets spéciaux, il y en a. Beaucoup, partout, un peu trop. Warcraft donne vie au bestiaire cher aux fans d'héroïc fantasy avec des Orcs plus vrais que nature, des sorts jetés d'un claquement de doigts, des énormes loups et des griffons (un aigle sur un corps de lion) qui remplacent avantageusement les trajets à cheval.

A dos de griffon © 2016 Universal Pictures


Si la 3D remplit parfaitement son rôle immersif, le trop plein d'effets numériques file un peu mal au crâne. Le "Fan Service" est bien présent, mais laissera les néophytes un brin paumés (entre les noms biscornus des personnages et cette mythologie fouillée qu'on a du mal a digérer en deux heures de métrage). 

Gentil toutou © 2016 Universal Pictures


Le scénario est moins manichéen qu'attendu (avec notamment une guerre intestine au sein du clan des Orcs), mais Warcraft est plombé par l'absence d'une véritable quête. C'est d'ailleurs ce qui fait le sel du Seigneur des Anneaux. Ici, il n'est question que de guerre et de territoires, une figure imposée par le jeu vidéo original, dont le film respecte parfaitement la trame. 

Comme l'indique son sous-titre, ce Warcraft n'est que le commencement d'une longue série d'adaptations ciné. Après 10 ans d'attente, les fans présents à l'avant première parisienne saluent avec un soupir de soulagement le respect de l'univers et de la mythologie.

Des cinéphiles lambda devant le Grand Rex à Paris © Sébastien Sabiron


Les non-connaisseurs apprécieront un divertissement maousse-costaud qui en met plein les mirettes et les oreilles. Mais il manque à ce Warcraft le souffle épique qui aurait pu en faire une complète réussite. 

>> Warcraft, de Duncan Jones. Avec Travis Fimmel, Toby Kebbell, Paula Patton, Ben Foster. Legendary / Universal Pictures. En salles le 25 mai.
 


 

Images d'illustration : © 2016 Universal Pictures

En bonus ci-dessous, un diaporama des meilleurs cosplay en marge de l'avant première mondiale, le 24 mai au Grand Rex de Paris.

 

Par Sébastien Sabiron / le 25 mai 2016

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