"War Dogs" flingue le rêve américain [ciné]

Par Sébastien Sabiron / le 14 septembre 2016
"War Dogs" flingue le rêve américain [ciné]
Le réalisateur de "Very Bad Trip" revient avec l'histoire vraie de deux potes, trafiquants d'armes amateurs pour le Pentagone. Une satire grinçante du business de la mort avec un Jonah Hill magistral. L'acteur ne parle plus aux médias français. Mouv' l'a interviewé.

Pour gagner sa croûte, David (Miles Teller) masse des types riches et libidineux à Miami. Il tente sans succès de refourguer des draps haut de gamme à des maisons de retraites. Sa vie prend un tournant inespéré lorsqu'il retrouve Efraim (Jonah Hill), son ami d'enfance.

Profitant d'un dispositif méconnu du gouvernement fédéral américain, les deux potes décrochent un contrat d'armement à 300 millions de dollars avec le Pentagone. Bingo, cash flow, embrouilles à gogo.


Trois ans après le final (dispensable) de la trilogie Very Bad Trip, Todd Phillips adapte une histoire complètement dingue, racontée dans un article du magazine Rolling Stone en 2011.

L'histoire de deux "miami boys" devenus millionnaires grâce aux "miettes" du marché de l'armement. Une vision décadente du rêve américain, électrisée par la prestation fascinante de Jonah Hill.


Un film écrit pour Jonah Hill

Si le duo avec Miles Teller (qui crevait l'écran dans l'excellent Whiplash) fonctionne parfaitement, tout l'attrait de War Dogs repose sur la présence magnétique de Jonah Hill. Formé dans les comédies de Judd Appatow, le comédien dévoile son impressionnante palette de jeu : attendrissant, manipulateur, immoral, cartoonesque et totalement flippant.

Le bronzage qui va bien © Warner Bros


Fâché avec les médias français depuis la blague vaseuse d'Ornella Fleury sur le plateau du Grand Journal, Jonah Hill a annulé toutes ses interviewes dans l'hexagone.

Nous l'avions rencontré juste avant cet épisode malheureux. Visiblement épuisé par une éreintante tournée promo, l'acteur de 32 ans n'est pas très bavard. Il explique pourtant avoir été immédiatement emballé par cette histoire incroyable mais vraie :

Et le résultat force le respect. Avec sa démarche de flambeur, son faux bronzage et son rire flippant, Jonah Hill porte le film sur ses épaules. Todd Phillips précise avoir écrit le scénario pour lui :

J'ai toujours voulu travailler avec Jonah. J'ai essayé de l'avoir dans les Very Bad Trip, mais il a refusé. Je suis revenu à la charge avec War Dogs. C'est un acteur incroyable, électrique. J'adore le voir jouer des personnages atrocement confiants en eux, à mille lieues de l'image qu'il renvoie dans la vie.


 

Une tragi-comédie réussie

Bourré de rythme, bien écrit, War Dogs  réussit le pari de faire marrer avec un sujet sérieux. Si l'ensemble aurait gagné à être encore plus grinçant, la critique de l'économie de la guerre fait mouche.

Le film assume ses références, qui vont de Lord of War aux Rois du Désert, en passant bien sûr par le Loup de Wall Street, qui a valu a Jonah Hill une nomination aux Oscar pour son rôle de compère cocaïné de Leonardo DiCaprio.

Jonah Hill et Miles Teller © Warner Bros


War Dogs
n'est sans doute pas à placer sur le même plan que les films précités, mais il remplit pleinement sa mission : on se marre et on réfléchit. Suffisant pour lâcher une place de ciné.

>> War Dogs, de Todd Phillips, avec Miles Teller, Jonah Hill, Ana de Armas, Bradley Cooper. Warner Bros. Au cinéma le 14 septembre.

 


 

Images d'illustration : © Warner Bros

 

Par Sébastien Sabiron / le 14 septembre 2016

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