Violences conjugales : la boulette de Marie-Claire

/ le 24 juillet 2015
Violences conjugales : la boulette de Marie-Claire
Le magazine féminin Marie-Claire a lancé une campagne contre les violences conjugales en Afrique du sud. A priori une bonne initiative. Jusqu’au moment où le journal choisit, sans le savoir, un homme déjà accusé d’agression envers sa compagne, pour représenter son opération.

Coup dur pour l’édition sud-africaine de Marie-Claire. Il s’avère qu’une des personnalités choisie pour représenter la campagne contre les violences conjugales aurait déjà frappé une femme en 2012.

Il s'agirait du DJ sud-africain « Euphonik », de son vrai nom Themba Nkosi, qui avait pourtant accepté de participer à la campagne #MCInHerShoes, mettant en scène des hommes célèbres perchés sur des talons hauts. 

Mais Bonang Matheba, sa compagne de l’époque et présentatrice à la télévision, avait alors déclaré qu’il la frappait. Elle porte plainte à l'époque, avant de se rétracter. 

Par contre, elle réagit au quart de tour quand son ex-compagnon écrit sur twitter, au sujet de la fameuse campagne de Marie-Claire, le message suivant :

Il n'y a pas plus grande injustice dans le monde que la violence faite aux femmes


 

Si l'animatrice télé semble plutôt bien prendre la mascarade, elle twitte :

je n'ai jamais ri aussi fort


 

...au contraire d'Aspasia Karras, la rédactrice en chef de l'édition sud-africaine qui s'excuse quand la bourde est mise à jour. Elle est citée par l'agence radio EWN :

Nous avons fait une erreur de jugement, notamment dans notre choix de personnalités.


 

Pour sa part, Themba Nkosi nie complètement les faits. Il explique sa version aux journalistes du site internet Sowetan Live :

Est-ce que j'ai abusé physiquement de ma petite-amie ? Non. Pas du tout. Elle ment à ce propos.


 

 

Un mal pour un bien ? 

La maltraitance des femmes est un problème récurrent en Afrique du sud. La campagne engagée par le magazine Marie-Claire est légitime et même nécessaire. Un des objectifs est de pousser les autorités à trouver une solution et aussi à influencer les mentalités. Il ne faut pas oublier que dans le pays, on estime en moyenne que

une femme meurt toutes les six heures, suite à des violences domestiques, soit trois à quatre femmes tuées par jour


 

Un bilan stupéfiant mais réel qui concerne en règle générale l'ensemble de l'Afrique. Les Nations Unies publient une étude en 2011 sur les taux d'homicides dans le monde :

 

 

En 2008, date des derniers chiffres sur le sujet, l'Afrique est donc le continent où les taux d'homicides commis sur les femmes sont les plus élevés. Et la cause principale serait les violences conjugales et/ou familiales. 

La boulette du magazine aura donc au moins eu le mérite de remettre le sujet sur le devant de la scène médiatique...

 


Crédits photo accueil : Moeketsi Moticoe / photo fleuve : EWN.CO

Par Justine Chauvin

/ le 24 juillet 2015

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