Vendre aux Chinois : la web-résignation

Par Augustin Arrivé / le 24 juillet 2013
Vendre aux Chinois : la web-résignation
Qu'est-ce que vous voulez ? C'est la crise ! Il n'y a plus aucun investisseur en France, ou quasiment plus. Alors on fait quoi ? On licencie et on met la clé sous la porte, ou bien on revend aux Chinois ? Un site internet vient d'ouvrir pour faciliter cette alternative.

 

Vous vous rappelez d'Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, qui voulait nationaliser les hauts-fourneaux de Florange pour sauver l'emploi ? Certains prônent exactement le contraire. Une équipe italienne vient de lancer un site internet, vendreauxchinois.fr, qui propose, comme son nom l'indique, d'aider les patrons d'entreprises à revendre leurs boîte à la Chine.

 

Le reportage d'Augustin Arrivé, de la rédaction du Mouv' :

 

Le principe est enfantin : vous leur postez une petite annonce et ils se chargent de la traduire en mandarin, pour la publier sur la version chinoise de leur site, ainsi que sur l'ensemble de la presse chinoise paraissant en France. "L'objectif est de briser la barrière linguistique pour faciliter les échanges", nous explique l'équipe du site. Le tout pour une quarantaine d'euros minimum.

 

Vendreauxchinois.fr s'est d'abord appelé vendereaicinesi.it, une plate-forme lancée en Italie en janvier et qui a trouvé son public : des patrons d'entreprises désespérés, incapables de trouver des repreneurs européens. La version française date du mois dernier et comporte déjà deux cents annonces.

 

Reportage de la télévision italienne RAI Uno © RAI

 

Notamment celle de Pierre Chameroy, qui cherche depuis trois ans à revendre une société francilienne de grossiste en bières. "Les investisseurs chinois ne laissent jamais leurs coordonnées sur internet. Je n'ai pas réussi à les joindre. Du coup, il m'a semblé que c'était le site idéal."

 

Alors bien sûr, tout cela pourra faire frémir les défenseurs du protectionnisme. La démarche prouve une certaine résignation pour la mondialisation. L'exemple des ex-salariés d'Arcelor-Mittal, mis à la porte sans autre forme de procès, peut faire craindre un avenir précaire pour ces entreprises rachetées par des milliardaires du bout du monde.

 

Vendreauxchinois.fr s'en défend : "les Chinois viennent en Europe avec beaucoup d'argent et l'envie de racheter tout ce qui leur semble attractif. Ce qui fait qu'ils deviennent des acteurs majeurs de notre économie." Espérons que ces acteurs ne nous joue pas la comédie.

 

Par Augustin Arrivé / le 24 juillet 2013

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