Une œuvre street-art fait polémique à Grenoble

Par Clément Conte / le 28 juin 2016
Une œuvre street-art fait polémique à Grenoble
« L’Etat matraquant la liberté », l’œuvre désormais célèbre de l’artiste Goin a été vandalisée, dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 juin, à Grenoble. La fresque de 6 mètres sur 3 est au cœur d’une polémique interminable depuis sa création vendredi 24 juin dans le cadre du Grenoble art fest, un festival de street-art dans la capitale des Alpes.

La peinture ne peut être plus explicite. Deux CRS, matraques en main et boucliers gravés d’un gros 49-3, tabassent une Marianne à terre. La  femme, symbole français, se protège d’une main tandis que son autre bras tient difficilement le drapeau tricolore.

L'oeuvre de Goin "L'Etat matraquant la liberté" vandalisée, par Max PPP

 

Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 juin, l’œuvre a été taguée et vandalisée.. On y voit écrit à la bombe : « Stand up for the French Police », l’hymne imaginé par plusieurs supporters Irlandais en ce début d’Euro de foot.

Humour, réel acte revendicatif ou euphorie footballistique du moment ? Difficile à dire. Mais ce geste ne surprend pas Jérôme Catz, l’organisateur du festival : 

 

 

Dès la création de l’oeuvre, les syndicats de policiers et les élus de l’opposition s’indignent, considérant la fresque comme étant « anti-flics. » L’affaire remonte même aux plus hautes instances gouvernementales. Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, se fend d’un tweet pour défendre la police :

 

 

Pour Goin pourtant, c’est bien l’Etat qui est visé dans sa fresque, et non les policiers : « Je comprends évidement la réaction des syndicats de police. Ils devraient faire preuve de plus de Self-Control dans ce genre de situation, cela fait partie de leur métier il me semble... »

Toutes ces réactions hostiles envers son œuvre n’étonnent pas l’artiste : « Ils ne comprennent rien à l'art, à la vie et à l'amour. Ils ne connaissent que le 1er degré et nous éduquent ainsi à éviter toute réflexion profonde. »

Il est vrai que Goin est un habitué des polémiques. Sa fresque « Need food, not football » peinte à Athènes avait déjà suscité de nombreuses réactions négatives.


Crédit photo : Max PPP

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Par Clément Conte / le 28 juin 2016

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