Un teckel dégomme les labos pharmaceutiques

Par Augustin Arrivé / le 09 septembre 2014
Un teckel dégomme les labos pharmaceutiques
"Le Teckel", dernier album d'Hervé Bourhis, s'attaque aux combines des laboratoires pharmaceutiques. On y suit des VRP chargés de vendre leur camelote nocive à des médecins du sud-ouest. L'affaire Servier est passée par là.

 

Hervé Bourhis aime le rock. Il y a consacré un épatant Petit livre (chez Dargaud), et son dernier-né s'y retrouve également. Le Teckel (créé pour le magazine numérique Professeur Cyclope et édité aujourd'hui par Casterman et Arte) respire encore cette énergie sauvage mêlée de turbulences mal-élevées. Pourtant, le pitch ressemble plutôt à un vieil épisode de série est-allemande : deux représentants en produits pharmaceutiques sont envoyés sur la côte Aquitaine reconquérir le coeur des médecins après un scandale de santé publique qui a terni l'image de leur labo.

 

Extrait de "Le Teckel" d'Hervé Bourhis © Casterman, Arte, 2014

 

Le "Teckel" du titre, c'est le surnom de Guy Farkas, le plus vieux des deux, réac' autoritaire fringué comme dans un film de Mocky, traînant son cigare et ses sunglasses d'aviateur jusque dans les pires motels poisseux de bord de route. C'est lui qui dynamite le tableau. Il drague en récitant Rimbaud et renvoie systématiquement son accolyte jeunot dans les cordes de sa mauvaise volonté. Il cache un mystère.

Hervé Bourhis, l'air de rien, sort le bazooka pour flinguer les laboratoires, Servier et consorts, ici tous alignés sur la même ligne de mauvaise conduite. L'entreprise qu'il dépeint est une machine à fric cynique à souhait, utilisant des images d'enfants malades en Afrique pour refourguer à gros prix du poison prétendument thérapeutique. Pour les visiteurs médicaux, il ne semble y avoir que deux options : la complicité de meurtre ou la démission. Peut-être est-ce un brin caricatural.

 

Extrait de "Le Teckel" d'Hervé Bourhis © Casterman, Arte, 2014

 

Drôle, haletant, grinçant, presque romantique, Le Teckel se joue des genres. Le trait doux du dessinateur, allié à d'audacieux choix de teintes (bleues et roses... comme les petites pilules que vendent les héros ?) font de cet album un titre hors-norme, fougueux et charmant. Dommage qu'il s'agisse d'un one-shot. Quoiqu'au fond, rien n'est certain.

 

Toute l'actu de la bande dessinée sur le Mouv', c'est par ici.

 


 

Illustration de couverture : Le Teckel, d'Hervé Bourhis © Casterman, Arte, 2014

 

Par Augustin Arrivé / le 09 septembre 2014

Commentaires