Un site pour faciliter l'accès à l'IVG

Par Julie Davico-Pahin / le 26 novembre 2014
Exclu Le Mouv' :
Le 26 novembre 1974, le Parlement français ouvrait le débat sur l'IVG (interruption volontaire de grossesse). Quarante ans plus tard, jour pour jour, la liste de tous les centres qui la pratiquent en France va être enfin réunie sur un site Internet. Objectif : mieux accompagner les femmes.

 

Le site ivglesadresses.org existe depuis 2013, mais il était réservé jusqu'ici aux franciliennes. Il a pour objectif de recenses tous les établissements qui proposent de pratiquer une IVG médicamenteuse, qui représente 57% des IVG pratiquées en métropole. Médecins généralistes, gynécologues, hôpitaux ou centres de santé, tous sont listés et situés sur une carte pour faciliter la recherche.

Page d'accueil ivglesadresses.org / Capture d'écran

Avec en moyenne 200 visites chaque jour pour l'Île-de-France depuis plus d'un an, le réseau REHVO qui gère le site a décidé de l'étendre à toute la France. Dans un premier temps, dès aujourd'hui, quatre régions sont concernées :  la Bretagne, la Martinique, Midi-Pyrénées et Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'objectif est de le généraliser à toutes les autres régions à l'horizon 2016.

Une femme sur trois a déjà eu recours à l'IVG

Difficultés pour trouver un centre près de chez soi, informations mensongères sur Internet, temps d'attente trop long, l'accès à l'IVG peut vite devenir compliqué. L'objectif du site est de proposer un annuaire actualisé régulièrement pour faciliter le parcours.

Car quand la grossesse est détectée, le temps est compté. En France, la durée limite légale pour avorter est de 12 semaines de grossesse (14 semaines après le début des dernières règles). Et bien souvent, le temps d'attente pour obtenir un rendez-vous est long : six jours en moyenne à compter du premier coup de téléphone à Paris, 13 jours en Essonne. 

Le recours à l'IVG, comparatif 1990-2010 d'après l'INSEE / Infogram

 

Les femmes de 20-24 ans sont les plus concernées. Alors que le taux de recours est de 14.5 IVG pour 1000 femmes en Métropole, le chiffre grimpe à 27 IVG pour les femmes âgées de 20 à 24 ans. Mais cela ne s'explique pas par un défaut de contraception. Les études montrent que la grande majorité des femmes en âge de procréer sont sous contraceptif.


Pour Sophie Gaudu, gynécologue à Paris, les 20-24 ans sont les plus concernées pour des raisons sociales :

 

Une femme sur trois a déjà eu recours à l'IVG / CC Flickr Johannes Jander

En 2012, 220 000 IVG ont été réalisés en France contre 197 000 en 1990. Une différence qui s'explique par une évolution des moeurs : les femmes veulent accèder à la maternité plus tard que leurs aînées, explique encore Sophie Gaudu.

 

L'an dernier un rapport montrait que l'accès à l'IVG était parfois compliqué. A cause de la fermeture de plus de 130 établissements de santé ces dix dernières années, les femmes ne sont plus toujours en mesure de choisir leur méthode d'IVG. Bien souvent, elles doivent se rendre dans un centre éloigné de leur domicile. Pour faciliter l'accès à l'IVG, une loi a été votée cet été. Elle prévoit notamment que les interventions soient remboursées à 100% par la Sécurité sociale. 

 

 


 

Photo de couverture : CC Flickr Rudolf Vlcek 

Le site d'information sur l'IVG ici

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Par Julie Davico-Pahin / le 26 novembre 2014

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