Un hommage à Miyazaki en comic flippant

Par Augustin Arrivé / le 12 mai 2015
Un hommage à Miyazaki en comic
Sombre, angoissant voire flippant, le premier recueil de comics de Ryan Andrews traduit en français est à la fois la première pierre d'un univers très personnel et le clin d'oeil au maître de la japanimation des studios Ghibli.

 

 

Après ses études, il voulait devenir fermier, le voilà auteur de bande dessinée. Né en Californie, il vit à Fukuoka, au sud de l'archipel japonais. Lui qui s'est spécialisé dans l'animation 3D signe ici des nouvelles graphiques tout ce qu'il y a de plus statique, souvent muettes. Et alors qu'il nous abreuve d'un quasi-noir et blanc lugubre, il assure vouloir transmettre à ces lecteurs "un sentiment de bien-être". Ne cherchez aucune logique au parcours de Ryan Andrews, pas plus qu'à son oeuvre.

 

Extrait de "Je n'ai rien oublié", de Ryan Andrews © Delcourt, 2015

 

Publié pour la première fois en français (chez Delcourt), cette jeune signature de l'univers comics a été pourtant biberonné aux japanimations. Son maître s'appelle Hayao Miyazaki.

J'ai grandi en regardant Totoro. Je l'ai vu un nombre incalculable de fois.


 

Si vous avez l'impression d'apercevoir, sur la couverture de son Je n'ai rien oublié, le mystérieux géant et son parapluie, sachez que ça n'a rien de fortuit. "C'est une lettre d'amour aux studios Ghibli." Puisqu'il vous dit qu'il n'a "rien oublié".

 

Extrait de "Je n'ai rien oublié", de Ryan Andrews © Delcourt, 2015


Ryan Andrews a la même poésie que son idole, le même goût pour la nature et le monde de l'enfance. On sent pourtant chez lui un esprit bien plus torturé, proche d'un Tim Burton en bad trip. Dans son premier recueil, quatre nouvelles. Vous y croiserez un arbre à foetus pour vieux stériles, des personnages bloqués derrière les murs de votre salle de bain, des trous béants dans les troncs d'arbre.

Certains trouvent mes albums un peu dérangeants. Moi j'essaie toujours de caser une forme d'espoir à la fin de mes histoires.


 

Effectivement, on a souvent du mal à cerner l'issue. Mais le résultat est fascinant. N'ayez pas peur du sang des oies mortes qui recouvre pour l'éternité la maison du jeune héros dans Rouge Sang, elle n'est qu'un tissu de fiction :  

Une semaine avant de démarrer cette histoire, je voyais des oiseaux morts partout, et ça m'a marqué, alors ça a rejailli quand je me suis mis à écrire.


 

Vous voilà rassurés, non ?

Extrait de "Je n'ai rien oublié", de Ryan Andrews © Delcourt, 2015

 


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Illustration de couverture : Je n'ai rien oublié, de Ryan Andrews © Delcourt, 2015

Par Augustin Arrivé / le 12 mai 2015

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