Un groupe toulousain gagne contre Candy Crush

Par Augustin Arrivé / le 05 mai 2014
L'éditeur de Candy Crush Saga tient à son nom
La société King, qui a développé le hit des jeux sur mobiles, le célèbre "Candy Crush Saga", vient de menacer de procès un groupe de rock toulousain, les Bubblies, au nom jugé trop proche de celui d'un autre de leur titre, "Bubble Witch". Mais les toulousains ont gagné.

 

MAJ le lundi 5 mai 2014 : retrait de la plainte de la société King.

Les Bubblies ont gagné la bataille contre King, qui leur demandait de changer de nom. Jean-Louis, le leader de la formation toulousaine, était ce lundi après-midi l'invité de Christophe Crénel sur Le Mouv'. Il peut enfin souffler après 48h intenses :

 

On a bénéficié du soutien de beaucoup de militants du logiciel libre. Et une fois de plus on a démontré qu'en s'unissant et en y mettant de la motivation, on peut combattre des monstres géants, des Godzilla.


 

Rappel de l'affaire avec Arnaud Souque :

 

Loin de nous l'idée de dévaloriser la musique des Bubblies, formation qui compte déjà sept albums à son actif. Néanmoins, on préssent naître ce week-end un effet Streisand qui pourrait bien, tout compte fait, leur profiter. Les Bubblies, dont le dernier disque s'intitule AudioGame #1 (ce "Game" a-t-il contribué à l'histoire qui va suivre ? mystère...), vient de disputer (et de remporter) un bras de fer avec le géant des jeux en ligne King, éditeur britannique de Candy Crush Saga.

 

Funky Care, interprété par les Bubblies © Trema, 2010

 

Les Bubblies n'ont jamais dit de mal du best-seller de l'entreprise britannique. Simplement King possède également à son catalogue le moins connu Bubble Witch, et les accusait donc d'avoir un nom trop proche de cet autre titre. D'après l'appel à l'aide que les musiciens ont posté ce samedi sur leur site, King exigeait qu'ils se rebaptisent.

Nous n'avons bien sûr pas les moyens de lutter seul contre ce géant. (...) Nous avons besoin de vous pour faire circuler cette information sur tous vos réseaux. (...) Montrons tous ensemble à ces voleurs qui se croient tout permis que leurs millions sont plus faibles que nos idées.


 

Si King s'est intéressé à eux, c'est aussi sans doute que les Bubblies n'ont pas qu'une corde à leur arc. En plus de leurs disques, il leur arrive de produire quelques mini-jeux. En 2001, deux ans avant la création de leur gigantesque concurrent, ils proposaient, avec leur album No Brain No Headache, un CD-ROM avec un simili-Space Invader. Pas de quoi faire trembler Candy Crush, a priori :

 

                               Bubblies Invaders, sur "No Brain No Headache" © Bubblies

 

Les Bubblies n'ont pas demandé d'argent. Ils espèraient juste qu'une mobilisation de l'opinion fasse reculer l'assaillant. C'est gagné ! Ce lundi midi, ils ont posté sur leur site un courrier de l'avocat de King stipulant que la plainte était retirée, avec cette seule nuance :

Les parties conservent cependant la possibilité d'agir sur le terrain de la contrefaçon, dans le cadre d'une procédure classique.


 

King qui n'en est pas à son coup d'essai. Fin 2013, d'après Gameblog.fr, ce même éditeur avait réclamé la même démarche auprès d'un modeste concurrent, Stoic, accusé d'avoir utilisé abusément le mot "saga" (de Candy Crush Saga) dans son jeu The Banner Saga. Un accord, là aussi, avait finalement été trouvé.

 

Pour en savoir plus sur les Bubblies, leur site internet est dispo en cliquant ici.

Et pendant ce temps, Candy Crush Saga est entré en bourse le mois dernier. Ca se passe là.

 


 

Photo de couverture : Candy Crush Saga Cc FlickR Stansvisions

 

Par Augustin Arrivé / le 05 mai 2014

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