Un fauve et trois Éléphants dans la jungle d'Hawaï

Par Sébastien Sabiron / le 25 mai 2014
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Les 3 Éléphants ont une nouvelle fois barri à guichet fermé hier soir, en centre ville de Laval. Parmi les locomotives de cette deuxième soirée : Fauve, Girls in Hawaii et Jungle, un outsider dont vous risquez fort d'entendre parler.

Deuxième journée mayennaise à dos d'éléphant. Ça commence à tirer dans le bas du dos, mais on reste motivés. Motivés autant que les spectateurs, un public régional qui a plébiscité cette 17 ème édition. Pour la première fois de son histoire, le festival lavalois a affiché complet vendredi et samedi, avec un petit coup de pouce du ciel qui a fini par chasser les nuages.

copyright=Le "village" des 3 Ephs, le long des remparts © Sébastien Sabiron
  

Pour se "désembrumer" l'esprit, rien de tel que le rock délicieusement rétro de The Animen, qui ouvrait la soirée sous le chapiteau du patio.

The Animen : My pretty Ballerina (cliquez sur le player) © Rod


Costards cravates, tirés à quatre épingles, Gretsh rutilante, le combo genevois cite à peu près tout ce que les années 60 ont donné de bon et dresse un parallèle assez convaincant entre les Kinks et les Libertines. Pas vraiment novateur, mais plaisant.

Fauve rugit dans l'Arène

Programmé en tout début de soirée dans l'Arène, la scène principale des 3 Éléphants, Fauve était attendu comme le loup blanc, version féline. Et quand un fauve rencontre des éléphants, ça fait du foin. Devant une salle quasiment comble, le collectif parisien donne toute sa mesure.

Fauve (dont les membres ne souhaitent pas être identifiables) © Rod


Scandé sur un débit mitraillette, le "spoken word" à fort pouvoir incantatoire de Fauve est appuyé par des projections vidéo qui envahissent la scène et éclaboussent les musiciens. Le tube Infirmière est accueilli par une vaste clameur. "C'est ma chanson !" hurle une adolescente du premier rang. Visiblement, c'est aussi celle de toute la salle.

Les proies de Fauve © Rod


Il y a moins de deux ans, Fauve n'était connu que d'un cercle d'initiés. Depuis, le collectif a sorti un album (Vieux Frères, première partie d'un diptyque dont la seconde sortira à la rentrée), et joue sold out partout où il passe. Une incroyable ascension que le groupe évoque sur scène :

On vous voit jusqu'à très loin dans le fond de la salle, on n'est pas habitués... C'est un peu flippant.


Fauve © Rod


Avec des dates prévues dans tous les grands festivals d'été, ça ne risque pas de s'arranger.

Vundabar : wunderbar !

Ils ont pour eux la fougue de leur jeunesse. 19 ans de moyenne d'âge, à peine plus que les groupies qui hurlent dans la fosse. Malgré un nom à consonance teutonne, le trio est américain, débarqué de Boston pour une tournée franco-belgo-luxembourgeoise. Et quand on devient majeur dans les pays qu'on visite, on se lâche.

Vundabar © Rod


C'est ce qui se ressent lorsqu'on les voit jouer. Ces trois là sont ici pour se marrer. Ils bondissent dans tous les coins, amènent des plantes au milieu de la scène, interrompent les morceaux, s'échangent les instruments et tentent trois mots en français. Enfin deux : "c'est cool".

Vundabar © Rod


Mais cette insouciance cache une solide maîtrise technique. Les kids du Massachusetts pratiquent un rock garage aux accents grunge. On devine qu'ils ont beaucoup écouté et parfaitement digéré les Pixies et les Stooges. C'est parfois brouillon, souvent bordélique, totalement rock.

Girls in Hawaii au sommet de l'Everest

Deuxième tête d'affiche de la soirée, les belges de Girls in Hawaii (en Mouv' session ici) sont sur la route depuis de long mois. Une tournée entammée après la sortie de leur troisième album Everest. Cet opus a d'ailleurs failli ne jamais voir le jour, le groupe ayant marqué une longue pause, endeuillé en 2010  par le décès brutal de son batteur Denis, le frère du chanteur Antoine Wielemans.

Girls in Hawaii © Rod


Sur la scène des 3 Ephs, les Girls (que des garçons) se révêlent au sommet de leur art. Une pop sophistiquée, passionnée et passionnante, qui décroche la palme du son le plus soigné de ce festival.

Girls in Hawaii © Rod


Mis en valeur par des jeux de lumière somptueux (esquissant l'Everest en toile de fond), le groupe prend des libertés avec l'album, étire les morceaux jusqu'à un finale dantesque tout en guitares saturées. Pas de rappel, tout est dit.

Welcome to the Jungle

De Jungle on ne connaît pas grand chose. Ils sont londoniens, ils sont huit sur scène et ont 24 222 fans sur Facebook. A part ça ? A part ça pas grand chose, sinon qu'ils viennent d'enchaîner South By Southwest et plusieurs dates remarquées à New York, en attendant Lollapalooza cet été. Pas mal.

Jungle © Rod


Pour le reste, Jungle poste des clips au compte-gouttes sur le web. Et quels clips.


Véritable surprise de ce festival, les londoniens dispensent un groove irresistible. Leurs morceaux à progression lente évoquent le Crazy de Gnarls Barkley et certains titres de Disclosure. Emporté par l'énergie communicative du combo, tout le public du Patio se déhanche au bout de quelques accords.

L'appel de la jungle © Rod


Et même si Google ne sait pas encore très bien qui ils sont, on tient le pari que très vite, Jungle deviendra massif.

Revivez ici la première soirée du festival.

Plus d'infos sur le site des 3 Éléphants.

Image d'illustration : © Rod

 


Par Sébastien Sabiron / le 25 mai 2014

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