Un an sur un volcan hawaïen pour simuler la vie sur Mars

/ le 29 août 2016
Un an sur un volcan hawaïen pour simuler la vie sur Mars
Ils ont passé un an isolés dans un dôme de 90 mètres carré, à 2500 mètres d’altitude, sur le volcan Mauna Loa dans l’archipel d’Hawaï. Six volontaires de la NASA viennent de retrouver l’air libre après avoir mené cette expérience simulant les conditions de vie sur Mars.

Des roches rougeâtres à perte de vue, aucun animal ou arbre à l’horizon, pas de perception du changement de saison et des sorties en combinaison spatiale : tout a été conçu pour que les six volontaires qui se sont prêté à l’expérience de la NASA passent une année martienne dans tous ses aspects. C’est la plus longue mission de ce type réalisée jusqu’à présent. Hier, l’équipage est sorti pour de bon du dôme dans lequel il a vécu pendant douze mois.

 

L’enjeu était de récolter le maximum d’informations pour préparer au mieux l’envoi d’astronautes sur Mars dans les prochaines années, de la cohésion de groupe à la gestion de ce quotidien isolé. C’est d’ailleurs la monotonie qui a été le plus difficile à supporter pour Cyprien Verseux, exobiologiste et seul français de l’équipage. Il est pourtant satisfait de l’expérience : “Une mission sur Mars est réaliste dans un futur proche, les problèmes techniques et psychologiques peuvent être surmontés”.

 

Un mini-habitat en isolement total

Les six volontaires se sont enfermés en août 2015 dans un dôme de 100 mètres carré avec deux étages, pensé un peu comme une capsule spatiale, et alimenté en énergie grâce à un panneau solaire. A l’intérieur, une chambre pour chacun, une cuisine et une salle de bain, un espace de travail et un coin pour faire du sport.

 

Un véritable défi de cohabiter à six dans cet espace, comme l’indiquait Cyprien Verseux cet hiver sur son blog.

“Vos collègues ou vos colocataires vous tapent parfois sur les nerfs ? Imaginez avoir vos collègues pour colocataires. Cinq d’entre eux. Et imaginez vivre avec eux pendant un an, sans voir ou parler à personne d'autre, et sans pouvoir quitter l’appartement”.


Un bon résumé du défi qui attendra les astronautes qui pourraient se rendre sur Mars dès 2030. D’autant que l’équipage a eu une connexion très limitée avec le monde extérieur. Ciao les échanges de mails rapides, un délai de 20 minutes est nécessaire pour en recevoir un. Pour ce qui est des connexions téléphoniques, elles sont inexistantes. 

 

Comment faire à manger sur Mars ?

Au-delà d’étudier l’évolution psychologique des membres de l’équipe au fil du temps et leur résistance à l’isolement, l’expérience de la NASA a aussi servi à déterminer ce qui pourrait poser problème à la vie quotidienne sur Mars.

Le nerf de la guerre, c’est la nourriture. Cyprien Verseux était ainsi chargé de trouver des moyens de faire pousser des plantes directement sur Mars, en vue de futures missions longues. Impossible de transférer trop de réserves d’eau et de nourriture pour des questions de poids. Du coup, les volontaires ont préparé leurs repas à base de nourriture lyophilisée, qui peuvent se conserver longtemps. Les plus motivés de l’équipe, comme la scientifique Carmel Johnson, ont même réussi à faire des sushis en plein environnement martien.

 

Deux autres expérimentations sont déjà prévues par la NASA dans les prochaines années. Les candidatures sont d'ailleurs déjà ouvertes pour la prochaine.

 

 


 

Crédits photos : C. Heinicke
Morgane Heuclin-Reffait

/ le 29 août 2016
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