Twitter porte plainte contre le gouvernement américain

Par Augustin Arrivé / le 08 octobre 2014
Twitter porte plainte contre la Maison Blanche
Le gouvernement américain refuse que le réseau social publie des infos précises sur les récupérations de données privées que lui réclament le FBI. Pour Twitter, il s'agit d'une violation de la liberté d'expression.

 

Les réseaux sociaux ont ceci de magique que, même s'ils sont régulièrement accusés d'utilisation excessive des données personnelles de leurs utilisateurs, ils n'hésitent pas à s'émouvoir publiquement quand d'autres cherchent à faire la même chose. Ainsi Facebook, attaqué de toutes parts depuis des années, a fait mine de jouer la transparence après l'éclatement du scandale PRISM.

Aujourd'hui, c'est Twitter qui s'y met. Une plainte a été déposée ce mardi 7 octobre par la direction de l'oiseau bleu contre le gouvernement américain. Benjamin Lee, vice-président de la boîte, explique sa décision :

Au nom du 1er amendement, nous sommes tenus de répondre aux inquiétudes de nos utilisateurs et aux déclarations des responsables du gouvernement en fournissant des infos sur l'étendue de la surveillance par Washington.


 

En réalité, Twitter, comme Facebook, Microsoft ou Google, peuvent déjà fournir des statistiques sur les demandes de données par le FBI. Mais un accord passé avec le ministère de la Justice les oblige à ne publier que des chiffres vagues, arrondis au millier de requêtes près. Un accord que Twitter semble aujourd'hui espérer remettre en cause.

Evidemment, les associations d'internautes applaudissent. Ainsi l'American Civil Liberties Union, qui évoque"l'obligation des grands groupes informatiques de protéger les infos sensibles de leurs clients face à la surveillance excessive du gouvernement" :

 

 

La même ACLU espère que d'autres entreprises du secteurs suivent donc l'exemple de Twitter. Dans le même temps, le même réseau social a choisi d'investir dix millions de dollars pour disséquer le comportement de ses utilisateurs. Tandis que Facebook a décidé d'ouvrir une partie des données collectées aux annonceursde toute la planète. N'y voyez là aucune contradiction, bien sûr.

 

Photo de couverture : Cc FlickR Sean Hayford O'Leary

Par Augustin Arrivé / le 08 octobre 2014

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