Tuto : comment draguer dans une soirée rap

Par Yérim Sar / le 22 juillet 2017
Tuto : comment draguer dans une soirée rap
C’est bien connu, la musique adoucit les mœurs et facilite donc la prise de contact et plus si affinités. Attention toutefois à ne pas faire d’erreur fatale…

Depuis pas mal d’années, la réputation des soirées et des concerts de rap a évolué et ce n’est pas plus mal. Ce qui était il y a de nombreuses lunes vu comme des lieux infréquentables est devenu petit à petit de plus en plus normal voire carrément classe dans certains cas. Et on peut donc en tout logique y faire des belles rencontres.

Mouv' vous offre donc ce petit guide pour les soirs et weekend, en espérant que vous en fassiez bon usage.

 

Éviter les incidents

C’est une évidence, limite la condition sine qua non pour que tout le reste se passe bien. Si vous tentez une approche, soyez poli, vérifiez que la personne est réellement libre et pas juste en train d’attendre un compagnon particulièrement teigneux (ou pas particulièrement, mais s'il est avec ses sept potes le résultat sera le même), ou à l’inverse une demoiselle qui n’attend qu’un regard déplacé pour vous arracher votre tissage.

Le piège : parfois ça implique de devoir quitter la soirée en quatrième vitesse en laissant sa street-cred au vestiaire. En même temps vous n’êtes pas venu ici pour souffrir ok.

Être une fille

C’est quand même beaucoup plus simple, sachant que depuis la nuit des temps, malgré tous les « gratuits pour les filles avant minuit/1h/toute la nuit » le ratio sera toujours en votre faveur, du type dix mecs pour une meuf en général. Vous allez être entourée de profonds dalleux, qui vont tout faire pour attirer votre attention, un peu comme ces bébés éléphants au zoo devant des touristes qui ont des cacahuètes. Bref vous êtes clairement en position de force, alors profitez-en.

Le piège : ramener réellement dix mecs en sortant de la soirée. Il faut savoir raison garder et ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre même si c’est tentant.

 

S’arranger pour avoir des invits backstage ou vip

Un grand classique. Être dans la salle c’est bien, être au calme à deux pas des stars de la soirée, c’est mieux. L’élue de votre cœur sera plus à l’aise, l’ambiance sera plus intime, et puis c’est quand même la classe à tous les niveaux.

Le piège : les listings de ce genre de soirée ou de concerts sont la plupart du temps finalisés au pifomètre, donc vous prenez le risque de vous retrouver face à un membre de la sécurité qui va vous expliquer de manière assez élégante qu’il n’a jamais entendu parler de vous avec un sympathique « y’a pas ton nom, tu dégages et elle aussi ». C’est le jeu.

S’arranger pour que le DJ passe son morceau préféré

C’est classe, c’est romantique, vous avez demandé auparavant quelle chanson lui ferait plaisir et vous agissez en conséquence, de préférence sans la prévenir histoire d’ajouter un côté agréable surprise à votre geste. Ca ajoute un côté privé voire presque intime à une soirée pourtant blindée de gens, ce qui est un tour de force. Bien joué.

Le piège : se prendre un vent monumental du DJ. C’est qu’ils sont caractériels ces bestiaux, ils ont préparé une sélection, un mix bien précis, et soyons honnêtes, toutes les 10 minutes maximum quelqu’un d’au moins aussi insignifiant que vous vient les déranger en leur demandant un son en particulier, avec l’option main sur l’épaule et haleine parfum vodka-kebab en prime. Si vous ne connaissez pas du tout l’homme derrière les platines, abstenez-vous. Ce qui nous emmène au point suivant.

 

Être le pote du rappeur ou du DJ

Le top. Vous entrez avec lui, il y a des chances pour que vous squattiez la scène à un moment ou un autre, vous profitez de sa célébrité et d’à peu près tout ce qui lui sera accordé, en un mot vous faites partie de l’attraction de la soirée. À noter qu’il existe la variante : faire croire que l’on est le pote du rappeur ou du DJ. Mais là vous prenez délibérément le risque de tomber sur quelqu’un qui vous dira « cool, on va l’appeler » et de connaître le pire moment de solitude possible et imaginable lorsque l’artiste en question sera face à vous et vous demandera qui vous êtes exactement.

Le piège : pour peu que votre « pote » soit lui aussi là pour ramener des donzelles, il pourra vous éclipser en 2 temps 3 mouvements s’il trouve lui aussi l’objet de votre convoitise à son goût et vous reléguer au stade de porteur de chandelle friendzoné comme Jorah Mormont devant Khaleesi. L’amitié a ses limites, ne l’oublions pas.

Être le rappeur ou le DJ

La facilité. C’est vous le centre de l’attention de tout le monde, tout ou au moins une partie des gens sont venus pour vous ou votre performance, normalement vous n’avez qu’à fournir le minimum d’effort pour que le courant passe avec qui que ce soit.

Le piège : tomber sur une groupie psychopathe qui ruinera votre vie en vous pourchassant partout, ou sur une mineure. Ça s’est déjà vu plusieurs fois, et c’était pas jojo. En plus on est à l’ère des smartphones, et vous n’avez pas envie de vous retrouver dans une story Snap, sur Twitter ou Insta à votre insu.

 

Ne pas rester planté derrière le DJ

Si vous avez vos entrées, vous pouvez carrément vous placer derrière le DJ et hocher la tête en gardant un air grave pendant toute la durée du live. Cette grande tradition n’a jamais fait ses preuves et vous donnera l’air d’un handicapé moteur mais pour une raison inconnue, des gens ont continué de la pratiquer à travers les âges.

La danse

Valeur sûre depuis toujours, que vous soyez agguerri(e)s ou non niveau fluidité, peu importe, c’est le nerf de la guerre. Ça rapproche les gens, c’est censé être beau à regarder, ça s’accorde parfaitement avec la musique, bref c’est idéal pour tout le monde.

Le piège : être un poil « trop » hiphop dans votre choré. Donc ne vous mettez pas par terre pour faire la coupole, ça marchait dans les boums il y a 15 ans mais maintenant ça suffit, et surtout ce n’est pas le lieu, ce que vous cherchez s’appelle un battle de danse, pas un dancefloor.


Avoir de l’attitude

Une notion très floue mais extrêmement importante, ne soyez pas transparent, le rap reste une musique d’affirmation, faites-vous remarquer un minimum, ne soyez pas timide ou effacé dans un coin, ayez un semblant de culot et de présence, lâchez-vous, après tout vous êtes là pour vous amuser, comme tout le monde.

Le piège : se croire carrément dans un clip. Et là c’est le drame, vous vous emballez, vous confondez un twerk avec une invitation à mettre des mains au cul, vous commandez une bouteille de champagne que vous n’avez pas les moyens de payer juste pour la verser entièrement sur des gens qui n’ont rien demandé, etc.

Engager la conversation sur l’artiste ou le thème de la soirée

C’est dans la logique, vous êtes dans le thème, et il y a a priori de grandes chances pour que ce soit un sujet de conversation qui accroche entre vous puisque précisément vous vous êtes déplacés en raison de votre appréciation de tel ou tel rappeur ou style de rap. Mélomane, agréable et intéressant, votre échange sera grandement facilité.

Le piège : citer des phases de rap comme tactique d’approche. Ce n’est pas parce que vous êtes à un concert ou un showcase qu’il faut s’imaginer que lâcher des punchlines d’Alkpote ou Kaaris vous aidera à conclure. On n’en est pas encore là, et personne n’a envie de vous entendre dire d’un air charmeur « on va te fister le cul avec le museau d’un labrador », soyez-en bien conscients.


Faire semblant d’avoir les mêmes goûts

C’est la même chose que précédemment, mais version hard. Ce n’est pas la peine d’essayer d’avoir un débat ou une conversation constructive, de toute façon si les soirées servaient à ça, ça se saurait depuis le temps. Au contraire vous pouvez abonder dans le sens de votre interlocuteur ou interlocutrice, sans spécialement chercher à imposer votre point de vue perso, au final quelques concessions vous permettront sans doute bien plus facilement d’arriver à votre but.

Le piège : s’adresser à quelqu’un qui a des goûts exécrables et être obligé de se taper une conversation entière sur la carrière d’un artiste dont vous vous contrefoutez (vous vous voyez sérieusement répondre à un « quel est ton son  Raï’N’B préféré » sans saigner du nez ? nous non plus), ou sur quelqu’un qui se passionne pour des détails d’une futilité consternante comme l’évolution des pecs de Booba ou la pilosité de Drake. This is your hell.

 

Être à fond dans l'ambiance

C’est bien, c’est positif, ça installe une bonne humeur communicative, que vous soyez du genre à animer la piste ou à backer à fond les couplets de l’artiste sur scène, il y a toujours moyen d’attirer les regards et d’entamer des premiers pas dans une bonne atmosphère.

Le piège : oublier un peu vite l’existence de la personne à qui vous parlez. Interrompre une conversation qui partait pourtant très bien par un incongru « OH PUTAIN ATTENDS C’EST MON SON CA » avant de partir sauter frénétiquement en beuglant les lyrics comme un bourrin n’est pas du meilleur effet, vous en conviendrez.

Rester sélectif

L’ambiance est festive mais vous n’êtes pas non plus venu(e) pour vous brader au premier fan de Alrima ou de Rihanna. Engagez la conversation et essayez de connaître l'autre, ça ne fait jamais de mal de vérifier que l’on n’a pas affaire à un cassos de niveau olympique ou une groupie au QI négatif.

Le piège : être trop exigeant. Car n’oubliez pas, fille ou garçon, on ne peut avoir l'habitude de draguer dans une soirée rap que si on a raté sa vie à 100%, donc n’espérez pas non plus de miracle. Vous êtes uniquement là pour sauver les meubles et limiter la casse, rien de plus.

 


Crédit photo : Sheitan / Unifrance

 

Par Yérim Sar / le 22 juillet 2017

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