Tunisie, un an après

Par Claire Chaudière / le 14 janvier 2012
Tunisie, un an après
Quel bilan, quelles perspectives pour la toute jeune démocratie tunisienne ? Un an après le départ en exil du président Zine el Abidine ben Ali, la révolution tunisienne est perçue avec un optimisme prudent par de nombreux analystes.

 

Malgré des élections jugées réussies par les observateurs, suivies par la mise en place d'institutions dirigeantes appelées à remettre le pays sur les rails, un sentiment d'inquiétude continue de prévaloir chez nombre de Tunisiens, en particulier les plus de 800.000 chômeurs et les couches sociales démunies. Le chômage est passé de 13 à 18%, voire 20% de la population active. La croissance est nulle sinon négative, et les pertes sont évaluées à 2 milliards de dollars.

L’analyse du correspondant du Mouv à Tunis, Thibaut Cavaillès. Il était en direct dans le journal de 12h30 vendredi 13 janvier. Il répond aux questions de Guillaume Battin et Philippe Dana :

 

Le reportage d’Anne-Laure Bousiges de la rédaction du Mouv. Elle est allée recueillir le témoignage de Maha Issaoui, 25 ans, bloggeuse tunisienne qui avait participé via le net à l’insurrection. Exclue de sa fac à Tunis, elle étudie actuellement en Auvergne :

 

Ce week-end, plusieurs dirigeants dont l'émir du Qatar pays proche du parti islamiste Enahda sont attendus à Tunis pour les commémorations de l'évènement. Il y aura aussi le président Algérien Abdelaziz Bouteflika et le chef du Conseil national de transition libyen Moustapha Abdeljalil.

Un an après la révolution, pose la question de la reconstruction économique du pays. La France pourrait jouer le rôle de partenaire principal sur ce dossier mais  les anciennes compromissions de Paris avec le régime de Ben Ali sont loin d'être oubliées et compliquent la situation à mesure que les langues se délient. C'est le sujet d'un livre enquête réalisé par deux journalistes de Mediapart et sorti en librairie la semaine dernière. "Tunis connexion" est signé Lénaïg Bredoux et Mathieu Magnaudeix, joint par téléphone sur le Mouv:

 

A côté des festivités officielles, des appels à manifester sur l'emblématique avenue Bourguiba ont été lancés sur les réseaux sociaux. Plusieurs centaines de Tunisiens se sont rassemblés samedi matin dans le centre de Tunis pour réclamer travail et dignité. "Travail, liberté et dignité", "Vous, bande d'hypocrites, le travail est un droit", « Tunisiens restez debout", "Nous allons continuer la bataille", ont scandé les manifestants devant le théâtre de Tunis, avenue Habib Bourguiba, épicentre du soulèvement. Selon un décompte de l'ONU, 300 Tunisiens avaient alors été tués et 700 blessés.

 Crédit Photo : Anwf.fr / Antoine Walter

 

 

Par Claire Chaudière / le 14 janvier 2012

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