Traquez les terroristes islamistes sur Google Maps

Par Augustin Arrivé / le 23 septembre 2014
Traquez les terroristes islamistes sur Google Maps
Le service de cartographie de Google est un puits de données dans lequel un internaute Britannique puise pour tenter d'identifier les positionnements géographiques des camps de Daesh, l'organisation de l'Etat Islamique.

 

Lorsque le vol MH 370 de la Malaysia Airlines avait mystérieusement disparu quelque part au dessus du Golfe de Thaïlande, des milliers d'internautes s'étaient mis en tête de localiser l'épave par satellite sur leur ordinateur. La société d'imagerie Digital Globe avait offert ses caméras, braquées sur la zone. Et c'était à vous de mener l'enquête. L'opération a eu un énorme succès en terme de fréquentation du site internet, mais ce fut un gigantesque échec concret : l'avion n'a toujours pas été retrouvé.

 

Exemple de données de base : la vidéo de décapitation de James Foley le 19 août 2014

 

Traque sur internet

Le blogueur britannique Eliot Higgins, derrière le site Bellingcat.com, semble avoir davantage de réussite. Ce trentenaire a ouvert son site en juillet dernier. Il propose aux internautes de fouiller avec lui dans les images postées sur internet par les groupes islamistes en Irak et en Syrie (il s'occupe également, à la marge, du conflit en Ukraine).

 

Analyse d'un détail de l'image et comparaison avec le service Google Maps

 

En zoomant sur les détails du décor, les ombres portées au sol ou sur n'importe quelle donnée visible, puis en les comparant avec les photos du service Google Maps, les contributeurs de Bellingcat cherchent à identifier les bases de Daesh, l'organisation terroriste auto-baptisée Etat Islamique. Et les résultats sont parfois bluffants. Le 23 août, quatre jours après la diffusion de la vidéo de la décapitation de l'otage américain James Foley, ils réussissent à localiser précisément le lieu de son assassinat.

 

Google Maps de Mossoul utilisée par Bellingcat pour localiser un camp jihadiste

 

Pas une aide à l'armée

Interrogé pas BFM-TV, Eliot Higgins a assuré qu'il ne publierait toutefois jamais d'informations pouvant aboutir à des actions militaires. Il s'en est pourtant approché en évaluant l'emplacement d'un camp d'entraînement islamiste au nord de Mossoul, près de la frontière nord de l'Irak. "La zone que nous délimitons représente une surface de 8 Kms²", se justifie le bloggueur sur BFM-TV. "Elle est trop grande pour être bombardée."

Il explique travailler actuellement sur une enquête de corruption en Afrique. On n'en sait pas plus. Le site n'en est qu'à ses balbutiements. De beaux balbutiements, certes, mais Bellingcat pourrait encore prendre une belle ampleur.

 

Les journalistes doivent-ils relayer les vidéos des terroristes ? La question se pose ici.

 


 

Photo de couverture : image satellite du nord de l'Irak, par Google Maps

 

Par Augustin Arrivé / le 23 septembre 2014

Commentaires