Touche pas à mon Expedit

/ le 01 mars 2014
Touche pas à mon Expedit
Ikéa a annoncé la fin de la production de son étagère Expedit, appréciée pour son format idéal pour y ranger des vinyles. La communauté des mélomanes grince (un peu) des dents.

Tout était merveilleux au pays des étagères pas chères: chacun avait trouvé sa chacune, les modèles y étaient économiques, pratiques, modulables… Puis, dans le joyeux cercle des collectionneurs de vinyles, le tocsin sonna : Ikea annonçait l’arrêt de la production de son modèle d’étagère Expédit, qui faisait leur bonheur.

Mélomanes en colère

Une infinie nuit noire (et probablement glacée) allait tomber: la série star du géant suédois, favorites des mélomanes au budget court, permettait par un fortuit miracle d’aligner impeccablement dans ses cases des centaines de disques.

Comptez une centaine d’euros pour le grand modèle: même pour de l’aggloméré, le rapport qualité-prix est quasi imbattable. Frondes des mélomanes : outre-Rhin, on appelle même sur Facebook à faire plier le fabriquant, pour qu’on laisse l’Expedit en paix.

Crée en janvier pour sauver l'étagère, la page Facebook totalisait le 28 janvier plus de 26.000 likes.

 

Expedit vs Kallax

Protestation potache, faux buzz, grand cri dans la nuit ? Ikea avait pourtant tenté de devancer les cris d’angoisse : si l’Expedit allait effectivement être retirée du marché français en juin, le modèle sera aussitôt remplacé par l’étagère "Kallax", quasi identique, et, vante-t-on côté direction, "améliorée".

 

Plus léger, plus écologique… avec des montants plus fins. Il y en a déjà pour s’émouvoir de la fragilité à venir du petit nouveau, mais le Suédois assure que non. 

S’ils ne sortent pas de nouveaux modèles, on se débrouillera comme on s’est toujours débrouillés : des planches, des vis, un menuisier...


 

Chez les fans de disques de la vie réelle, loin de l’écho lancinant des cris d’orfraies numériques, on soupire sec : "Faut pas déconner quand même… C’est un non-sujet… Une étagère Ikea ça n’est tout de même que de la sciure compressée. Pas cher mais pas solide", explique Melik, disquaire dans le 11e arrondissement de Paris. Avant d’ajouter : "S’ils ne sortent pas de nouveaux modèles, on se débrouillera comme on s’est toujours débrouillés : des planches, des vis, un menuisier. Un produit un peu plus cher, mais aussi plus beau. Et qui dure plus longtemps."

 

>>  Un reportage à réécouter là :

 

NB : Il existe un Saint-Expedit, présumé saint patron des écoliers, des hommes d’affaires et des candidats au permis de conduire : si la réalité de son existence est malmenée par les martyrologues, Wikipédia lui consacre une pleine page. C’est ici.

 

Ludovic Pauchant

/ le 01 mars 2014

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