"The Boy" : encore une poupée tueuse [Ciné]

Par Sébastien Sabiron / le 26 janvier 2016
"The Boy" : encore une poupée tueuse [Ciné]
Dans la (très) longue cohorte des films de poupées flippantes, "The Boy" tente de faire naître l'angoisse sur une idée de départ assez originale. Mais la sauce ne prend qu'à moitié.

Chucky, Annabelle, Billy (le pantin ventriloque de Dead Silence) et désormais Brahms... Si l'on devait ranger dans notre chambre d'enfant toutes les poupées tueuses enfantées par Hollywood ces dernières années, on n'aurait déjà plus de place sur l'étagère.

"Coucou, je suis Brahms" © Capelight pictures


The Boy
raconte l'histoire de Greta (Lauren Cohan), une jeune américaine qui cherche à fuir son passé. Embauchée par un couple d'aristocrates anglais pour s'occuper de leur fils de 8 ans, elle découvre que le Brahms en question est une poupée de porcelaine grandeur nature.

Malgré les apparences, Greta accepte (moyennant un salaire confortable) de jouer la "nanny" en l'absence du couple.


"Viens te ballader dans le grenier en petite tenue" 

Un manoir anglais isolé, une héroïne vulnérable, une poupée maléfique. Comment faire du neuf avec un concept narratif usé jusqu'à la moëlle ? Plutôt que de vouloir renouveler le genre, The Boy prend le parti d'ancrer son récit dans un schéma ultra-classique.

Bonne nuit les petits © Capelight pictures


Le réalisateur William Brent Bell (The Devil Inside) semble avoir coché sur un paperboard toutes les figures imposées pour les inclure dans son film. En vrac : des rires d'enfants qui sortent de nulle part, des mouvements furtifs dans un coin du cadre, une héroïne qui décide contre toute logique d'explorer en pleine nuit un grenier flippant...

Si l'intention de miser sur l'ambiance plutôt que sur les effets spéciaux est louable, The Boy peine à faire véritablement naître l'angoisse chez le spectateur. La mise en place est plutôt lente et l'on désespère de voir enfin la poupée maléfique à l'oeuvre. A trop vouloir faire monter la pression crescendo, le réalisateur finit par user d'effets totalement éculés, comme des "jump scares" à répétition.

Lauren Cohan et Brahms © Capelight pictures


Présente sur tous les plans, Lauren Cohan (Maggie Greene dans The Walking Dead) donne de sa personne (et de sa plastique), mais elle-même ne semble pas vraiment terrifiée par Brahms. La poupée est malgré tout une réussite, son visage de porcelaine parait tantôt angélique, tantôt menaçant selon l'éclairage et les circonstances.

On notera aussi un soin particulier apporté aux décors, même si la mise en scène trop conventionnelle ne tire pas totalement parti de ce terrifiant manoir anglais.  

Diana Hardcastle, Lauren Cohan et Brahms © Capelight pictures


Souffrant de la comparaison avec Annabelle (lui même pas totalement abouti), The Boy ne sera sans doute pas la sensation horrifique de ce début d'année. Classique à défaut d'être classieux, le film peine à donner de la consistance à ses personnages. Malgré tout, le cahier des charges du film d'angoisse est respecté. Parfait pour la séance DVD du dimanche soir. 

> The Boy de William Brent Bell. Avec Lauren Cohan, Rupert Evans, Jim Norton. Metropolitan FilmExport. Sortie le 27 janvier 2016.


Images d'illustration : © Capelight pictures

Par Sébastien Sabiron / le 26 janvier 2016

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