Syria GO, un Pokémon GO dans une Syrie en ruines

/ le 20 juillet 2016
Syria GO, un Pokémon GO dans une Syrie en ruines
Un jeune web designer syrien a imaginé à quoi ressemblerait le jeu de réalité augmentée dans les rues d'Alep ou Damas. Pas de Pikachu à l'horizon, mais des trousses de médicaments à récupérer au milieu des décombres.

Depuis début juillet, Saif Aldeen Tahhan, un jeune syrien réfugié au Danemark, voit les réseaux sociaux se passionner davantage pour Pokémon Go que pour la guerre en Syrie. "Les gens sont fous avec ça ! La vie humaine est plus importante que de collectionner les Pokémons et de jouer à ce jeu, comme tout le monde le fait actuellement", s'agace Saif.

Il a donc publié sur sa page facebook des images qu'il a réalisées en s'inspirant du jeu, dans le but d'alerter sur les conditions de vie des syriens sur place.

Syria GO, par Saif Tahhan

 

Attraper des objets disparus du paysage

Sur les affiches Syria GO, il s'agit d'attraper une trousse de secours dans les décombres d'une rue, une peluche au milieu des morts ou encore des livres dans une école désertée par les enfants.

"Tous ces symboles font allusion à ce qu'on appelle les droits de l'homme, que les Syriens n'ont plus et réclament. Ils font référence à l'éducation, le droit à la protection... Tout ce dont les Syriens ont besoin", indique Saif.

Syria GO, par Saif Tahhan

 

Le jeune homme a quitté son pays huit mois après le début de la révolte syrienne, en 2011. Désormais au Danemark, il ne perd pourtant pas de vue la situation en Syrie. "Tout Syrien a le devoir de faire en sorte que le monde agisse, de rappeler au monde ce qui se passe en Syrie en ce moment", insiste-t-il.

 

Dans la même veine, des enfants encore en Syrie posent avec des dessins de Pokémons entre les mains, réclamant qu'on vienne les chercher via le hashtag #PokemonInSyria.

 

 

 

En cinq ans, plus de 280 000 personnes y ont trouvé la mort à cause de la guerre.

 


 

Images d'illustration : © Saif Aldeen Tahhan

Par Morgane Heuclin-Reffait.

/ le 20 juillet 2016

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