Sydney, les selfies les plus craignos du moment

Par Sébastien Sabiron / le 17 décembre 2014
Sydney, les selfies les plus craignos du moment
Le mauvais goût n'a pas de limites. Pendant la prise d'otages de Sydney, certains badauds n'ont pas hésité à prendre des selfies pour immortaliser l'instant, sans oublier de poster leurs œuvres sur les réseaux sociaux. Pas glop.

Trois morts, dont le preneur d'otages, le gérant du café qui a tenté de le désarmer et une mère de famille qui voulait semble t-il protéger une collègue enceinte. La violente prise d'otage de Sydney a ému tout un pays et s'est achevée dans un bain de sang.

Pas assez glauque pour décourager quelques accros à l'égo-portrait voulant s'offrir leur quart d'heure de gloire sur le mode "Coucou ! Regardez ou je suis !"

 


L'image ci-dessus a été prise par un journaliste du Daily Mail Australia, choqué de voir ce type de scènes à quelques mètres du Lindt Chocolate Cafe dans lequel le drame était en train de se nouer.


Dans son papier intitulé "Les selfies de la honte", John Carney raconte comment des gens ont passé toute la journée à prendre des selfies sur les lieux de la prise d'otages, certains avec les caméra de télévision à l'arrière plan pour "faire plus authentique", d'autres affichant un large sourire, "comme si ils se tenaient devant l'Opéra de Sydney plutôt que devant une glaçante prise d'otages qui pouvait se terminer en tragédie".


Ces "selfies de la honte" ont bien entendu provoqué un flot d'indignation sur les réseaux sociaux. Les "egoportraitistes" indélicats en prennent pour leur grade sur Twitter, au point que certains ont du fermer l'accès public à leur compte :

"Tous ceux qui prennent des selfies devant le #SydneySiege, rendez nous service et allez prendre la place des otages terrifiés."

Si l'indignation est légitime, la pratique du selfie de crise n'est finalement que le stade supérieur (et égocentrique) d'une longue tradition voyeuriste. En témoignent toutes les photos gores d'accidents de la route ou de fusillades qui trainent sur le web.

C'est déplacé, totalement irrespectueux, mais il y aura toujours un badaud pour appuyer sur le déclencheur. Et plein d'autres pour regarder la photo.

 


 

Par Sébastien Sabiron / le 17 décembre 2014

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