Sur les traces du tournage de la série "Marseille"

/ le 01 février 2016
Sur les traces du tournage de la série "Marseille"
La première série française produite par Netflix arrive ce 5 mai 2016. Et les équipes de "Marseille", débarquées sur le vieux port à l'automne dernier, ont sollicité les Marseillais. Mouv' est retourné sur leurs traces.

 

Sébastien vide un poisson, sur son stand du vieux port. C'est la fin du marché, quelques retardataires profitent des dernières pêches. La première fois qu'on l'aborde, il dit ne pas avoir entendu parler du tournage. En insistant, on apprend qu'il y a pris part. C'était à l'automne dernier. Gérard Depardieu avait sorti le costard. "Il passait en donnant des tracts, et on nous filmait." Dans Marseille, Gégé joue le maire de la ville, passant le relais à son adjoint (Benoît Magimel). "Il est vraiment très très sympathique, Depardieu. Et très bon acteur." Ce dernier point, nous ne pourrons le vérifier que le 5 mai, avec la diffusion de la première saison.

"Moi, tant qu'on parle de Marseille, je suis pour." Jean-Pierre Cotens, patron du bar des Treize Coins, troquet emblématique du soap Plus Belle la Vie, est plutôt arrangeant "à condition qu'on en parle en bien". Pas de bol, ce n'est pas vraiment l'idée ici. La ville est dépeinte comme un terrain d'affrontements entre mafieux et ripous. "Mais ce n'est pas très loin de la réalité." De toute façon, il n'est pas abonné à Netflix. Il regardera sans doute les deux premiers épisodes sur TF1 le 12 mai.

 

 

Marseille est attendue à Marseille. On a envie de voir ce que les Américains de Netflix ont fait de la ville. Et puis on a envie de se voir. Parce que le feuilleton n'a pas été tourné dans un studio-sarcophage : on est au coeur des quartiers, de la cité Félix Pyat jusqu'au stade Vélodrome, avec des figurants du coin et des talents des environs. Les sales gosses de Guirri Mafia (3e arrondissement) ont posé leurs morceaux sur la B.O. Les locaux de Radio Grenouille (friche de la Belle de Mai) ont accueilli les caméras.

C'est toujours intéressant de voir l'envers du décor.


 

Julien Kirsch, le programmateur musical, se rappelle d'un acteur volubile à la technique étonnante : "il n'apprenait pas son texte. Il avait une oreillette et quelqu'un en régie lui soufflait les répliques. Du coup, à la première prise, il découvre son texte et ce n'est pas terrible, alors qu'à la troisième, il est génial. Il ne fait jamais de quatrième prise." Dommage collatéral difficile à éviter: il craint qu'on lui ait spoilé une partie de l'intrigue. "Je ne dirai rien."

Pauline Gervais, l'une des responsables des lieux, avait déjà accueilli les équipes de Google pour un tournage publicitaire. "Ca m'avait permis de voir l'ampleur de ce genre de machines. Quand les gens de Netflix nous ont contactés, ils étaient beaucoup plus pro." Un peu surprise quand même de la disparition de l'acteur principal dès le clap de fin. "On n'a pas osé aller lui parler... mais on n'en avait pas forcément l'envie !"

 

 

L'hôtel de ville a également déroulé le tapis rouge aux caméras de Florent Emilio-Siri. L'hémicycle du Conseil Municipal a servi de décor et le véritable édile, Jean-Claude Gaudin, a évidemment pointé son nez sur le plateau. Au journaliste de La Dépêche qui l'interrogeait sur l'image de magouilleurs que les scénaristes donnent au milieu politique local, il a répondu, amusé : "A moi, si je ne respectais pas les règles et les lois, on ne pardonnerait rien." Les premières critiques de la série, parues ces derniers jours dans la presse, semblent ne rien pardonner non plus.

 


Photo de couverture : photo promotionnelle pour Marseille, saison 1 © Netflix, 2016

 

/ le 01 février 2016

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