Suède : sans alcool, la fête est plus folle

/ le 31 décembre 2014
Suède : sans alcool la fête est plus folle
Passer le 31 décembre sans boire ça peut sembler fou. Pourtant pour les Suédois, c'est loin d'être si étrange alors que les clubs sans alcool se multiplient.

« Désolé pour hier soir. Promis demain j’arrête de boire » Plus d’une fois vous avez chanté ce morceau de Tryo au lendemain d’une soirée un peu trop arrosée. Les Suédois ont eux franchi le pas pour de vrai. Dans de nombreux clubs, l’alcool y est désormais interdit.

Au premier abord, la boîte ressemble aux autres. Mais une différence s'impose de suite: les boissons alcoolisées sont absentes des comptoirs et des tables. A la place, on trouve des "mocktails", des cocktails sans alcool à base de citron vert, menthe fraîche et gingembre. Premier bémol : le prix reste élevé puisqu’un mocktail coûte à peu près neuf euros.

Des boites de nuit sans alcool à l’intérieur mais aussi à l’extérieur. Pour entrer il faut même souffler dans un éthylotest. Un résultat supérieur à 0% et votre soirée est finie.

 

La mesure peut paraître excessive, voire paradoxale quand on sait que les Suédois sont connus pour bien aimer boire. En 1990, le chanteur suédois Magnus Uggla maniait ainsi l’autodérision avec sa chanson Je ne danse jamais sobre. Comme on sait qu'à part Abba, la musique suédoise ne vous dit sans doute pas grand chose, voici un petit aperçu :

 

 

Mais pour Mårten Andersson, le fondateur de Sober, un club suédois qui porte bien son nom, se passer d’alcool en soirée pour s’amuser est loin d’être une première en Suède. Le mouvement trouve son origine dans le « straight edge ». Dans les années 80, cette sous-culture du punk hardcore dans les années 80 regroupait ceux qui avaient décidé de renoncer à l’alcool, au tabac, aux drogues et même parfois au sexe pour connaître « l’euphorie naturelle ».

Trente ans plus tard, l’idée séduit à nouveau et ne se limite pas qu’aux clubs. Pour ceux qui aiment bien leurs collègues et qui trouvent que les pauses café sont trop courtes, il y a aussi le Lunch Beat. Une rave party entre collègues, sans alcool et dans l’après-midi ! Ce mouvement global de déjeuner-disco a même reçu des subventions d’un organisme gouvernemental chargé de la promotion de la culture suédoise.

En attendant que Fleur Pellerin soumette l’idée au prochain conseil des Ministres, on pourra toujours entonner notre petit morceau à nous.

 

Par Nicolas Margerand

Crédits photo : courtesy of Sober Sweden

 


 

/ le 31 décembre 2014

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