Street art : dernière mobilisation avant travaux, rue Dénoyez

/ le 30 mars 2015
Dernière mobilisation avant travaux, rue Dénoyez
Ce mardi, c'est la dernière mobilisation pour lutter contre la construction d'une crèche et de logements sociaux, rue Dénoyez, à Paris, dans le XXe arrondissement. Depuis 10 ans, les murs de cette rue sont couverts et recouverts, sans relâche, par les graffeurs qui ont leurs locaux dans la rue. Mais la mairie, qui leur loue ces locaux, a demandé à ce que les lieux soient vidés avant ce mardi.

Au coeur du XXe, la rue Denoyez est un havre de paix pour les graffeurs. Plusieurs centaines de mètres de murs coincés entre la rue de Belleville et la rue Ramponneau, où ils peuvent s’exprimer librement, taguant sans relâche. Les collectivités publiques ont renoncé à effacer les œuvres, et le lieu est depuis devenu un site touristique.

Mais la rue va sensiblement changer de visage. Deux projets urbains vont voir le jour du coté pair de la rue, du 18 bis au 22 bis, puis du 24 au 26. Des bâtiments qui seront détruits puis remplacés, et qui contenaient jusqu'alors des locaux, loués par la mairie à des artistes, aux alentours de 200 euros par mois: des prix défiant toute concurrence. Une situation idéale pour eux, jusqu'à ce premier courrier, il y a un an, puis de nouveau en janvier. La mairie leur demandait de rendre les clefs avant la date butoir, fixée ce mardi.

Les artistes divisés

Il y a bien eu une pétition, à l’automne, accompagnée d’articles dans la presse. Mais pour Pedro, président de l’association “Friches et nous la paix”, se battre n’avait pas de sens:

C’était dans le contrat ! Nous le savions en entrant dans les locaux, en 2001: les tarifs étaient avantageux, mais nous devrions partir lorsque les projets immobiliers seraient arrivés à leur terme. Et c’est le cas.


 

Autre son de cloche pour Cédric Borderie, de l’association “Fais ta rue”:

C’était du donnant/donnant entre la mairie et les artistes: ils bénéficiaient de loyers avantageux, mais ils ont aussi passé parfois dix ans de leur vie pour rendre cette rue attractive, faire vivre le quartier, et certains se retrouvent sur le carreau. On ne manifeste pas contre la création de logements sociaux.


 

18 mois de travaux

Pour l’avenir du mur de graffiti, qui s’étend des deux cotés de la rue, la mairie le clame haut et fort: il restera. C’est aussi l’avis de“Friches et nous la paix”, qui garde un local au numéro 16 et continuera son activité. De leur coté, les opposants s’inquiètent de la cohabitation entre les bombes des graffeurs et leurs gaz toxiques d’un coté, et des enfants en bas-âges de l’autre.

Une inquiétude qui mettra du temps à se vérifier: pour le moment, seul le permis de démolition a été acté par la mairie. Celle-ci a présenté le projet aux riverains, cet automne, et estime que les travaux devraient durer 18 mois. En attendant qu'ils commencent, l’association "fais ta rue" sera sur place, ce mardi à 14 heure pour une dernière manifestation devant les locaux toujours colorés, mais désormais vidés de leurs occupants.

 


Crédit photo: Creative Commons/Nelson Minar

 

/ le 30 mars 2015

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