Serge Dassault, des conneries en rafale

Par Augustin Arrivé / le 03 juillet 2013
Serge Dassault, des conneries en rafale
Alors que le Sénat vient de rejeter une demande de lever l'immunité parlementaire de Serge Dassault, le Mouv' vous propose un petit éventail des plus belles saletés prononcées par l'élu UMP de l'Essonne. Il y a du lourd et du lourdingue. L'un va rarement sans l'autre.

 

Il fut un temps où la famille Dassault n'avait pas grand chose à se reprocher. Marcel Dassault, le père, fondateur de l'entreprise du même nom, avait connu le succès en dessinant l'hélice des avions français de la première guerre mondiale. Et au début de la seconde, ce génie de l'aéronautique refusera la proposition des nazis, qui tentaient de le démarcher.

 

Déporté à Buchenwald, il sera sauvé par un résistant communiste, Marcel Paul. Dassault senior ne l'oubliera jamais et versera chaque année son obole au journal L'Humanité, alors organe central du PC. Avec le fils, Serge, on change de style.

 

Nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche !


 

Le 10 décembre 2004, Sergio est invité dans Questions directes, sur France Inter. Face à Stéphane Paoli, il commence à gloser sur les problèmes de la presse française. Il considère que les journaux doivent diffuser "des idées saines". Stéphane Paoli lui demande de préciser sa pensée:

 

 

Un entretien rempli de perles. Le propriétaire du Figaro regrette que le Front Populaire de 1936 ait arrêté la production d'armements du pays. "Grace aux socialistes, merci bien ! On aurait eu des avions et des chars en 1939 et 1940. On les a pas eus, pof ! on a été éliminés ! C'est aussi simple que ça !" Béni soit-il, lui qui a fourni du matériel militaire au régime de Kadhafi.

 

Quand on vend du matériel, c'est pour que les clients s'en servent.


 

Ce contrat signé avec la dictature libyenne, il l'évoque avec le sourire dans le JT de Public Sénat, le 15 mars 2011. L'occident vient d'entrer en guerre contre Kadhafi, qui se défend avec des avions fournis par Dassault Aviation. Le boss a l'air de s'en moquer éperdument. "C'est pas mon problème." Michel Grossiord insiste un peu. La réponse démarre à 0'46 :

 

 

Agacé par le sujet, Dassault clot le débat : "Bon ! Allez ! Suivante !" Il aura le même mépris pour le thème suivant (la sécurité nucléaire) : "C'est stupide ! Le nucléaire, c'est l'avenir !" Il préfère mettre en avant son choix économique : reverser une partie des bénéfices de son groupe à l'ensemble des salariés. "C'est très important." Sur ce point, on ne le contredira pas.

 

C'est anormal de donner de l'argent à des gens qui ne veulent pas travailler.


 

Autant il bichonne à peu près ses employés, autant les chômeurs, il ne fait pas semblant de les aimer. Relançant la théorie poujadiste de l'assisté profiteur, il gratifie les demandeurs d'emploi d'un amalgame magique. "Les aides diverses aux chômeurs sont trop élevées pour qu'ils aient une certaine envie de travailler." Discours tenu devant la commission des finances du Sénat le 19 juin 2008. Il le répètera quasiment verbatim deux ans plus tard au micro de Marc-Olivier Fogiel, sur Europe1. Ecoutez à partir de 3'05 : 

 

 

Au moins, son fils Laurent n'a pas eu à passer par la case Pôle Emploi : le voilà vice-président du groupe Dassault. Enfin quelqu'un qui ne grimace pas devant le premier boulot qu'on lui propose !

 

Les Chinois, eux, ils travaillent 45h, ils dorment dans leurs usines et ils font de bons produits.


 

Dans le même genre, ce grand humaniste apprécie les méthodes chinoises de management. Le code du travail chinois donne visiblement le goût du labeur puisqu'à Pékin, les salariés n'hésitent pas à passer la nuit près de leurs machines pour produire davantage. Brillante analyse offerte à Jean-Jérôme Bertolus sur I-télé le 10 juillet 2008. Filez directement à 0'45 :

 

 

Ah oui, et puis, "la grève est un cancer". Mais bon, ça, c'est tellement banal qu'on n'ira pas plus loin. Jean-Pierre Pernaut nous sort la même un jour sur deux.

 

On veut un pays d'homos ? Alors dans dix ans, il n'y aura plus personne.


 

On aurait été surpris qu'il n'ouvre pas sa gueule pendant le délicieux débat sur le mariage pour tous. Mais Serge est toujours au rendez-vous quand on a besoin de lui. C'est ainsi au micro de Frédéric Says, de France Culture, qu'il vomit sa bile rance le 7 novembre 2012. Le mariage homosexuel serait la condamnation à mort du pays, puisqu'il ne permet ni la procréation, ni par conséquent le renouvellement de la population :

 

 

Au passage, l'histoire de la Grèce Antique se résume dans le manuel Dassault à l'expression désuète "va te faire voir chez les Grecs". Le déclin de la civilisation de Périclès serait dû (mais bien sûr !) à un penchant répandu pour le touche-pipi unisexe.

 

Par Augustin Arrivé / le 03 juillet 2013

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