Sébastien Chabal, tu n'es pas seul

Par Augustin Arrivé / le 03 janvier 2014
Sébastien Chabal, tu n'es pas seul
La Ligue a été magnanime. Le rugbyman lyonnais a écopé de trois semaines de suspension, après avoir assommé un adversaire en plein match le mois dernier. Sébastien Chabal n'est que le dernier exemple d'une longue tradition de coups de sang chez les sportifs.

 

Sébastien Chabal a plaidé coupable. "Il n'y pas grand chose d'autre à dire, si ce n'est à m'excuser pour ce geste d'énervement qui n'est pas acceptable sur un terrain." Le troisième ligne du LOU-rugby, répondant au quotidien Le Progrès, semble être calmé après son coup de colère du 14 décembre. On vous le repasse, c'est épique :

La grosse patate administrée à Marc Giraud lui vaut ce vendredi trois semaines de suspension. Verdict plutôt clément de la part de la Ligue nationale de rugby. Une plus lourde sanction aurait pu mettre un terme à la carrière du barbu de 36 ans. Loin de nous l'envie de lui faire la morale, d'autant que Sébastien Chabal ne fait qu'allonger une liste longue comme son bras musclé : la liste des sportifs un peu soupe-au-lait qui ont, un jour, lâché les chevaux...

 

Eric -Oh ! Ah !- Cantona

Quand on parle de sportif prompt à la baston, c'est le col relevé de l'attaquant de Manchester United qui nous saute immédiatement aux yeux (non ! pitié ! pas les yeux, monsieur Cantona !). Son fait d'armes le plus célèbre date 25 janvier 1995. Les Red Devils affrontent Crystal Palace. Canto, carton rouge après un coup de pied dans les chevilles d'un adversaire, se dirige vers les vestiaires. Un supporter londonien, Matthew Simmons, posté au bas des gradins, lui lance des insultes xénophobes. La suite relève du kung-fu.

La Fédération anglaise de foot l'accusera de "mauvaise conduite ayant ruiné la réputation du football". Il écope de neuf mois de suspension et de 120 h de travaux d'intérêt général. En conférence de presse, il déclarera seulement "quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer". Comprenne qui pourra.

 

John McEnroe

McEnroe n'a jamais frappé personne. Mais niveau insulte, c'est un champion. Au Masters de Stockholm, en 1984, il taxe l'arbitre d'abruti, empoigne sa raquette, défonce des gobelets et balance une balle sur un spectateur. Résultat : 21 jours de suspension. A l'Open de Paris-Bercy en 1986 : "vous êtes le pire arbitre que j'aie jamais vu, vous n'arbitrerez plus jamais un seul de mes matches". 42 jours de suspension.

Il a aussi cassé sa raquette une fois, mais ça n'était même pas volontaire : l'Américain servait seulement beaucoup trop fort. En 1981, après avoir remporté son 1er Wimbledon, le All-England Lawn Tennis and Croquet Club (qui regroupe tous les vainqueurs depuis 1877) lui refuse sa carte de membre. Il l'obtiendra un an plus tard, après un tournoi jugé plus conforme à l'élégance britannique (tout est relatif : il a quand même pris cette année-là deux avertissements et 500$ d'amende pour insulte à l'arbitre).

 

Zinédine Zidane

Quatorze cartons rouges en dix-huit ans de carrière, c'est déjà une jolie statistique. Mais Zinédine Zidane s'est fait remarquer pour des gestes idiots, inutiles, inattendus. On se rappelle évidemment du coup de boule porté sur Marco Materazzi, après que l'Italien a suggéré que sa soeur proposait des rapports tarifés. Mais bien avant ce soir de juillet 2006, il y avait eu des précédents.

Le 18 septembre 1993, la neuvième journée de D1 (oui, on disait comme ça) voit s'affronter deux clubs ennemis : Bordeaux contre Marseille. L'OM est plongé dans l'affaire OM/VA, les joueurs sont sur les nerfs, Marcel Desailly enchaîne les provocations. Exaspéré, Zizou lui fout une mandale en pleine gueule. Il est expulsé. Les Marseillais l'emporteront par trois buts à un. L'équipe de France 98, c'est aussi ça.

 

Mike Tyson

Avant d'être un caméo dans Very Bad Trip, Mike Tyson a bâti une légende. Le boxeur américain a obtenu tous les titres possibles dans sa catégorie poids-lourds (double champion du monde WBC, double champion du monde WBA et champion du monde IBF). Mais il a aussi été élu en 2004 par ESPN "sportif le plus indigne depuis la création de la chaîne".

Accro à la cocaïne et à la marijuana, il a passé trois ans en prison pour viol, puis pour agression, et a dû raquer 150.000€ d'amendes pour dopage. Sur le ring, l'Histoire retiendra l'arrachage d'oreille d'Evander Holyfield, le 9 novembre 1996 à Las Vegas. Disqualifié, le tortionnaire éclate de rage et tente de massacrer sa victime. Il prend un an de suspension et doit verser un million de dollars à Holyfield. Dix-sept ans plus tard, ils s'en amuseront dans une publicité.

 

Joey Barton

Le milieu de terrain des Queens Park Rangers a quelques casseroles au short. En 2007, à l'entraînement, il défonce son coéquipier de Manchester City, Ousmane Dabo. Un coup de poing dans la tempe, puis une dizaine de taloches encore alors que le Français est à terre. Conduit à l'hôpital, Dabo passe à deux doigts de perdre son oeil. Joey Barton est envoyé au tribunal : quatre mois de prison avec sursis, 30.000€ d'amende, six matches de suspension et un renvoi de son club.

Dans la vidéo ci-dessus, le même Barton, qui vient de prendre un rouge pour un coup de coude dans la face de Carlos Tevez, décide, en quittant le terrain, d'administrer une puissante béquille à Sergio Aguero. Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres de son comportement pendant les matches. Son plus gros pétage de câble s'est déroulé en soirée : son coéquipier Jamie Tandy venait d'enflammer la chemise du bad boy (littéralement), alors Joey Barton lui a enfoncé un cigare allumé dans l'oeil.

 

Mehdi Baala

Le 22 juillet 2011, le double champion d'Europe français du 1.500m, Mehdi Baala, vient de finir sa course. A ses côtés, Mahiedine Mekhissi-Benabbad, un adversaire avec le contact est difficile. Une petite provocation verbale met le feu aux poudres.

Dix mois de suspension de meeting hors de France pour les deux hommes, 1.500€ d'amende et cinquante heures de travaux d'intérêt général. Il paraît qu'ils sont réconciliés. Et Mehdi Baala a largement redorer son blason : il est aujourd'hui ambassadeur de la Fédé française d'athlétisme.

 

Bernard Hinault

Le quintuple vainqueur du Tour de France cycliste était surnommé le Blaireau. Pas de ressemblance physique mais plutôt une similitude comportementale : colérique, il est prêt à tout pour obtenir ce qu'il veut, quitte à sortir les poings. En mars 1984, sur le Paris-Nice, le peloton est ralenti par une manifestation de grêvistes des chantiers navals de La Ciotat. Bernard Hinault descend de vélo pour frapper un ouvrier. Et peu importe si la victime cherche à sauver son emploi.

Le charmant Bernard tentera, deux en plus tard, de voler à son coéquipier Greg Lemond sa victoire sur la Grande Boucle, brisant le pacte qu'ils avaient passé pour faire gagner l'Américain.

 

En hommage à Sébastien Chabal, vous pouvez réécouter les émissions spéciales rugby de Sylvère-Henry Cissé. Cliquez ici.

Et une petite interview d'Eric Cantona dans PopCorn sur le Mouv', c'est par .

 

 


 

Photo de couverture : Cc Flickr Balmain Rugby Club


Par Augustin Arrivé / le 03 janvier 2014

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