Salle de shoot à Bordeaux : retour sur un échec

/ le 28 novembre 2013
Salle de shoot à Bordeaux : l'impossible débat
Comme Paris et Marseille, Bordeaux fai(sai)t partie des villes test envisagées pour l'expérimentation de salles d'injection contrôlée, projets gélés par le Conseil d’État. Si la mairie n'est pas contre, le concept de salles de shoot rebute certains riverains de la belle endormie.


Cyrielle Bedu est étudiante à l'Institut de Journalisme de Bordeaux Aquitaine. Elle s'est penchée sur le débat épineux des salles de shoot dans la capitale du vin :

 

En rendant un avis négatif à quelques mois des municipales, le Conseil d'Etat avait laissé les militants associatifs perplexes. Le mois dernier les sages du Palais Royal recommandaient d'"inscrire le dispositif dans la loi" avant de lancer l'expérimentation des salles de shoot (le Mouv' vous en parlait ici)

A Bordeaux, deux projets étaient sur les rails. Le CEID (Comité d'Etude et d'Information sur la Drogue) envisageait une structure mobile, un bus qui irait au devant des toxicomanes. L'autre projet, porté par la Case, une association d'aide aux toxicomanes, à fait couler beaucoup d'encre.

Locaux de la Case rue St James à Bordeaux / DR

Installée dans le quartier Victor Hugo, en plein centre ville, La Case espérait accueillir dans ses locaux cette salle d'injection contrôlée. Problème, les locaux sont à proximité immédiate d'un lycée et d'une cité universitaire. Inimaginable qu'une salle de shoot s'y installe selon Stéphane Pusateri, président de l'Association des Riverains de Bordeaux.

On ne peut pas admettre qu'une telle structure s'installe à quelques mètres d'une population universitaire et scolaire aussi importante. Ce serait un endroit qui attirerait du traffic et un nombre de drogués importants. Ce n'est pas que nous ne voulons pas d'une salle de shoot à Bordeaux. Simplement, Bordeaux n'en a pas besoin.


Stéphane Pusateri / DR
  

Car sur les rives de la Garonne, pas de "scène ouverte", pas de consommation de drogue dans les lieux publics. Les usagers sont des "invisibles", ils consomment essentiellement dans des squats. D'où l'interêt d'aller à leur rencontre, comme le soutien le CEID, qui porte le projet de salle de shoot mobile.

Du côté des instances municipales, le maire de Bordeaux Alain Juppé s'était montré plutôt ouvert à la discussion, avant que le calendrier soit gelé par l'avis négatif du Conseil d'Etat. Aujourd'hui, toujours pas de salle de shoot à Bordeaux, mais la Case distribue des seringues neuves dans ses locaux. Sans que le voisinage s'en émeuve.

Reportage pour le Mouv' signé Cyrielle Bedu.

/ le 28 novembre 2013

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