Salahdine Parnasse : le futur du MMA Français [interview]

Par Guillaume Duseaux / le 12 avril 2018
Salahdine Parnasse : le futur du MMA Français [interview]
À 20 ans, le Français Salahdine Parnasse s’apprête à revenir dans la cage du KSW. Avant la ceinture, le natif d’Aubervilliers veut continuer à apprendre.

Biberonné au MMA, Salahdine Parnasse bénéficie d’une expérience gigantesque malgré son jeune âge. À 20 ans, le featherweight (poids plume) présente un bilan de 10 victoires pour 1 nul en 11 combats. Sparring-partner de Tom Duquesnoy, l’autre phénomène français, Parnasse progresse à une vitesse folle. Signé par le KSW, organisation la plus prestigieuse d’Europe de l’Est, il franchit les étapes naturellement. Avec un contrat de 3 combats, il disputera le second ce samedi 14 avril. Conscient du potentiel du garçon, le KSW lui a réservé le dangereux Artur Sowinski (18-9). Ancien champion de l’organisation, il représente un intéressant ticket pour le combat du titre…

Ayant déjà combattu en Chine, France et Belgique, notre globe-trotter est désormais en Pologne. Face à l’enfant du pays Sowinski, il sera en terrain hostile… Une nouvelle fois, son jeu de frappes aux petits oignons devrait faire merveille. En pleine préparation, Salahdine nous a accordé une interview. La "French Sensation" parle de sa catégorie, de l’UFC, de son parcours et enfin de Sowinski.

 

Peux-tu revenir sur ta découverte du MMA et ce qui a cimenté ta passion pour la discipline ?

Salahdine Parnasse : C’était très jeune, j’avais 11 ans. J’étais avec un ami et on passait devant la salle. J’ai pris les dossiers d’inscription et j’ai pratiqué directement. C’était au MMA Center Fitness d’Aubervilliers et j’y suis toujours.
Mon premier combat amateur c’était aussi à 11 ans. J’ai commencé fort ! Je faisais environ 2-3 combats par an. Mon coach Atch me voyait tous les jours.
À 15 ans, j’ai fait le Road to the Contenders (un tournoi amateur – NDLA). Et j’ai gagné ce tournoi à 16 ans. Après ce tournoi, mon coach Atch m’a mis chez les Contenders, sans les protections. Ensuite, j’ai fait mon premier combat professionnel à 17 ans.

Pourrais-tu faire la transition vers la boxe au cours de ta carrière ?

SP : Je kiffe les sports de combat depuis que je suis tout petit. Avec le MMA, c’était un mix de tout. J’aime beaucoup la boxe anglaise également. Si je peux me lancer dans l’Anglaise, j’irais. J’ai déjà fait des combats. En amateur j’ai fait Les Novices et j’ai été élu meilleur boxeur. C’était un tournoi, j’ai gagné mes 4 combats. C’était en 2015/2016. Je n’ai pas poursuivi parce que j’étais bien lancé dans le MMA. Pour moi, c’était compliqué de conjuguer les deux.

Photo : KSW

 

Tu as 20 ans aujourd’hui, comment faisais-tu avec l’école lors de tes débuts ?

SP : Comme je me comportais bien, les professeurs étaient sympas. J’avais un bon comportement, mais je n’étais pas forcément très bon à l’école. Heureusement, les profs me soutenaient. Quand je partais en Chine, ils me faisaient des mots. Il y a deux ans au moment où je suis parti, ils étaient tous avec moi. J’ai fait CAP puis Bac pro Technicien en installation des systèmes énergétiques et climatiques. Maintenant je me consacre à fond sur le MMA. Pour le Bac, c’était pour sortir de l’école avec un diplôme. C’était pour la famille et c’était important pour ma mère. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer, une blessure ou autre, au moins, j’ai mon Bac. Il faut penser à l’avenir.

 

Je ne cherche pas l’UFC à tout prix, je pense qu’ils viendront à moi.


 

Tu es désormais au KSW, la plus prestigieuse organisation de MMA d’Europe de l’Est. Tu affrontes Artur Sowinski, ancien champion, chez lui en Pologne. On peut voir que tu es beaucoup mis en avant, ressens-tu la pression ?

SP : L’organisation est super propre, j’ai été très bien accueilli. D’un autre côté, c’est compliqué parce que l’on est Français. Parfois, ça peut être corsé à la décision. Je sais qu’il faut que j’arrive à finir Sowinski ou placer la soumission. Franchement, si je vais à la décision, même si je domine, ils peuvent me mettre perdant.
En tout cas je n’ai pas de pronostic. Je vais tout faire pour gagner et revenir avec la victoire. Je me sens prêt. Je me suis entraîné avec Tom Duquesnoy, je me sens bien.

Il te reste deux combats au KSW, comment vois-tu la suite ? Veux-tu encore te faire la main en Europe ou es-tu prêt pour les États-Unis et l’UFC ?

SP : Directement aux États-Unis ! Je me sens prêt. Le niveau est partout pareil. À l’UFC, ce qui change, c’est au niveau du top-5 des catégories. Là, c’est vraiment chaud ! Il faut faire ses preuves, mais ça va venir. J’affronte déjà des gros noms. Je ne cherche pas l’UFC à tout prix, je pense qu’ils viendront à moi. Il ne faut pas courir après ça.

Qui t’inspire parmi ceux qui font le MMA ?

SP : Une carrière à la Max Holloway m’inspire beaucoup. Il est arrivé très jeune à l’UFC et aujourd’hui il est champion. J’adore le style de José Aldo également.

Tu es aujourd’hui à 10-0, la peur de la défaite commence-t-elle à se faire sentir ?

SP : Pas du tout. Aujourd’hui je suis à 10-0 comme tu l’as dit, mais je n’en ai pas peur. Perdre ça fait partie de la vie. Il ne faut pas s’arrêter pour autant, mais se remettre au travail. Si ça arrive, je reviendrai plus fort.

Photo : KSW

 


Crédit photo : KSW

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