Robin Thicke et Pharrell Williams condamnés pour plagiat

Par Sébastien Sabiron / le 11 mars 2015
Robin Thicke et Pharrell Williams devront verser 7,4 millions de dollars aux héritiers de Marvin Gaye. Les deux artistes ont été reconnus coupables d'avoir plagié le "Got to give it up" du prince de la soul avec leur tube planétaire "Blurred Lines".

Mise à jour du 11 mars 2015

Après deux semaines de procès et deux jours de délibérations, le tribunal de Los Angeles a estimé que Robin Thicke et Pharrell Williams avaient enfreint les droits d'auteurs de Marvin Gaye. Les jurés se sont basés sur l'écoute comparée de Blurred Lines et de la mélodie de Got To Give It Up jouée par un pianiste.

Les plaignants (dont Nona Gaye, la fille de Marvin, décédé en 1984) toucheront environ 4 millions de dollars de dommages et intérêts, ainsi que 3,4 millions de dollars au titre des revenus générés par Blurred Lines.

Retrouvez ci-dessous les détails de l'affaire, que nous vous résumions en août 2013.

 


 


Robin Thicke est-il un grand méchant copieur ? Jonathan Landais démêle l'écheveau pour le Mouv' :

 

Résumons. Blurred Lines, c'est une moitié de tube de l'été 2013 (avec Get Lucky de Daft Punk.) Blurred Lines, c'est aussi un clip rempli d'excroissances mammaires et de strings couleur chair dans sa version olé olé. 

 

 

Un clip et des paroles assez osées qui ont valu au sieur Thicke d'être taxé de misogynie et de sexisme par tout un tas d'associations féministes, plus récemment par Moby, féministe à ses heures.

Depuis quelques jours, c'est sur le versant artistique que le Californien est attaqué. Son tube est jugé trop proche de Got To Give it Up un morceau signé en 1977 par Marvin Gaye, le prince de la soul : 

 

De la ligne de basse jusqu'à la voix de fausset, c'est vrai qu'il y a quelque chose. Mais il n'y a pas que les ayants droits de Marvin Gaye qui en veulent à Robin Thicke. Le label Bridgeport Music l'accuse d'avoir plagié l'un des titres de son catalogue : Sexy Ways, morceau du groupe Funkadelic en 1974 :

 

Bon là franchement, on a un peu plus de mal a repérer les ressemblances. A voir le design 1.0 du site web de Bridgeport Music, on se dit que le label a peut être trouvé l'occasion de se faire quelques dollars facilement pour ravaler la façade. D'autant que George Clinton, leader de Funkadelic, a lui même apporté son soutien à Robin Thicke. 

 

Hommage is not plagiat

Vendredi dernier, Robin Thicke, Pharrell Williams et T.I (ses featurings sur Blurred Lines) déposaient une requête devant une cour fédérale de Los Angeles, afin de faire certifier l'originalité du morceau. Bridgeport Music ne serait qu'un "troll à sample" : une société prétexte, tenue par un seul homme qui s'évertue à attaquer les artistes pour violation de copyright. George Clinton l'accuse d'ailleurs d'avoir "volé" ses morceaux. 

George Clinton a toujours l'oreille fine / CC absolut xman

 

Face aux accusations des héritiers de Marvin Gaye, Robin Thicke ne se cache d'avoir été inspiré par Got To Give it Up. Les avocats du trio de Blurred Lines décrivent une forme d'hommage :

Offrir des réminiscences d'un son ne constitue pas une violation de copyright [...] L'idée, en créant Blurred Lines, était d'évoquer une époque. La vérité, c'est que ces chansons sont radicalement différentes.


 

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Par Sébastien Sabiron / le 11 mars 2015

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