Rio ne répond plus

Par Augustin Arrivé / le 19 juin 2013
Rio ne répond plus
Ah le Brésil ! Ses footeux, ses danseuses samba, son Pain de Sucre... et ses scènes de guerilla en plein Rio ! Derrière le décor de carte postale cher à OSS117, il y a la misère, les dépenses publiques invraisemblables et les affrontements avec la police.

 

Le Mouv' était à Rio de Janeiro. Ecoutez le reportage d'Elodie Touchard:

 

Des centaines de milliers de personnes dans les rues. Des manifestants qui réclament un changement de politique, qui se plaignent de ne pas être écoutés par leur gouvernement. La police qui charge. Gaz lacrymo, feux de poubelles, tirs à balles réelles. On n'est pas à Istanbul. Erdogan peut dictater tranquille. C'est au Brésil que ça se passe.

 

Baston générale, ce lundi soir, devant l'Assemblée de l'Etat de Rio © Telesystem 1000

 

Ca chauffe à Rio. Et ce n'est pas à cause du soleil de Copa-Cabana. La population ne comprend pas pourquoi on la laisse crever la bouche ouverte, tiraillée par la pauvreté pendant qu'on dépense des millions pour les travaux de la coupe du monde de foot 2014. L'augmentation, cette semaine, des tarifs des transports publics a fait déborder le vase de l'indignation. Perché sur le toit du Parlement, à Brasilia, un manifestant hurle:

 

Ils pensaient que l'on s'arrêterait pour voir le football mais le Brésil ce n'est pas seulement ça.


 

Ils aimeraient des investissements dans la santé, l'éducation. Le ministre des sports s'en fout. Aldo Rebelo répond avec un brin de mépris: "nous ne permettrons pas que des manifestants perturbent les événements que nous nous sommes engagés à réaliser". Discours très mal perçu par la foule. Les manifs, qui se voulaient pacifiques, s'embrasent.

 

Aldo Rebelo, le ministre des sports, suggère, en gros, aux manifestants d'aller se faire cuire un oeuf © ISPN

 

Cocktails molotov, jets de pierre. Vingt policiers et sept manifestants ont été blessés, rien qu'à Rio. D'autres mobilisations ont dégénéré à Sao Paulo, Porto Alegre, Curitiba... Ca fait tache en pleine coupe des Confédérations, la mini-compétition censée donner un avant-goût du Mondial.

 

Cette nuit, la présidente Dilma Roussef a tenté de calmer le jeu. "Les manifestations pacifiques sont légitimes et propres à la démocratie", explique-t-elle dans un communiqué. "C'est le propre de la jeunesse de manifester."

 

Pas sûr que ça suffise. En attendant, le Nigéria a battu Tahiti la nuit dernière par six buts à un. Le match se jouait à Belo Horizonte, à 350Kms au nord de Rio. Autour du stade, la police tirait des lacrymo sur les manifestants. L'arbitre ne leur a pas collé de carton.

Par Augustin Arrivé / le 19 juin 2013

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