Rencontre avec Jim Moriarty [interview]

Par Augustin Arrivé / le 21 avril 2016
Rencontre avec Jim Moriarty [interview]
Alors que le tournage de la quatrième saison de "Sherlock" vient de démarrer au Royaume Uni, Mouv' a pu rencontrer l'un de ses acteurs stars, l'Irlandais Andrew Scott.

 

ALERTE SPOILERS ! Ne lisez pas cet article si vous n'avez pas vu les trois premières saisons de Sherlock.

 

"Je crois que j'ai eu le rôle parce que je leur ai fait peur", s'amuse Andrew Scott, 39 ans, baskets cools et pull en laine bleu flashy, venu rencontrer ses fans français à la Paris Comics Expo, en ce mois d'avril 2016. "Mais maintenant, ce sont eux qui me font peur : ce sont mes patrons." Eux, ce sont Mark Gatiss et Steven Moffat, les deux créateurs de Sherlock, qui cartonne tout autour du monde depuis sa création sur la chaîne britannique BBC One en 2010.

Un succès qui s'explique bien sûr par les intrigues de ses épisodes, récupérant astucieusement le sel des livres d'Arthur Conan Doyle pour les replonger dans un univers contemporain, mais aussi indéniablement par le charisme de son casting. On ne présente plus Sherlock et Watson : Benedict Cumberbatch et Martin Freeman, devenus depuis les stars du Hobbit, de Fargo, Star Trek et autres Dr Strange. Leur alter-ego maléfique, Moriarty, semble promis au même destin.

 

 

Dès son apparition, au bord d'une piscine, à la fin du troisième épisode de la série, l'image d'Andrew Scott s'est gravé dans nos mémoires. Le Moriarty qu'il a inventé ("je lui ai apporté une certaine exubérance") ne ressemble en rien aux méchants habituels que nous servent les programmes télés classiques. Tchatcheur, fluet, élégant, il est capable de chanter les Bee Gees avant de se mettre à hurler.

Je crois que c'est important pour une bonne histoire que vous aimiez autant le méchant que le héros. C'est comme ça que vous vous retrouvez avec une vraie confrontation.


 

 

Il lui donne également une certaine ambiguïté. A la haine et la fascination se mêle entre Sherlock et Moriarty du désir sexuel. "Toutes les relations humaines sont ambigües à un certain niveau. Il ne faut pas ranger les gens dans des cases." L'acteur, qui a fait son coming-out avant de jouer dans le beau film politique Pride, trouve les dénominations "homo" et "hétéro" trop limitées. Pas faux.

Le comédien irlandais, déjà reconnu par ses pairs pour son travail au théâtre (il a reçu le prix Laurence Olivier du meilleur acteur en 2005), est passé avec cette série du côté des célébrités mondiales. Il continue à jouer sur les planches (encore récemment à Londres). "Mais les gens sont très respectueux. Ils prennent quelques photos."

Tout juste reconnait-il qu'on lui demande souvent des nouvelles de son personnage sherlockien. Il y a de quoi. Suicidé d'une balle dans la tête en fin de saison 2, Moriarty semble réapparaître dans les dernières secondes de la troisième saison. Les télévisions britanniques sont alors envahies par ce visage flippant avec cette seule phrase ("je vous ai manqué ?"). Effet parfait. Depuis : mystère.

 

 

Moriarty est-il vraiment revenu d'entre les morts ? "Vous savez : le tournage de la quatrième saison est en cours et je suis ici avec vous !" Andrew Scott éclate de rire. Sa dérobade ne nous offre aucun indice. Ce qui est certain, c'est qu'il est ravi d'avoir retrouvé son rôle. "Je pense que les scénaristes avaient prévu ça depuis longtemps, ils aiment bien s'amuser avec le public."

 


Photo de couverture : photo promotionnelle d'Andrew Scott pour Sherlock © BBC One, 2010

 

Par Augustin Arrivé / le 21 avril 2016

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