Renard, chenapan ! Te voilà primé à Angoulême !

Par Augustin Arrivé / le 31 janvier 2016
Renard, chenapan !
Le réalisateur de "Ernest et Célestine" revient à la bande dessinée avec "Le grand méchant renard", déboire drolatique d'un trouillard qui cherche à se faire passer pour un dur. L'album vient de décrocher le prix de la meilleure BD jeunesse au festival d'Angoulême

 

MAJ le 31 janvier 2016 : Le grand méchant renard a reçu le prix de la meilleure BD jeunesse au FIBD d'Angoulême 2016.

 

 

Il ne se la raconte pas une seconde, il ne semble pas en manque de reconnaissance (un César dès son premier film, Ernest et Célestine, c'est chic) et il n'est même pas roux. Pourtant, Benjamin Renner, revenu vers la BD, se sent proche de son petit renard : "C'est assez autobiographique surtout dans le fait que ce renard qui pense devoir être cruel se rend compte qu'il y a une autre issue, à savoir devenir une maman caline. Je crois être un mec de ce genre-là, très maman poule, du moins avec mes neveux et nièces."

 

Extrait de "Le grand méchant renard", de Benjamin Renner © Delcourt Shampooing, 2015


Le "renard" du titre, pressé par son sale pote le loup, kidnappe les oeufs d'une basse-cour. Une fois éclos, les poussins s'attachent à l'animal qu'ils prennent pour leur mère. Celui-ci leur rend bien, incapable de se résigner à les mâchouiller. On est à mi-chemin entre la tendresse d'un Marcel Aymé (Les contes du chat perché) et le délire d'un Nick Park (Chicken Run). L'auteur valide ces références.

Je les adore, comme Franquin, Peyo ou Goscinny, les auteurs de ma jeunesse. Et je me sens également influencé par des sitcoms américaines, Friends ou Ricky Gervais, qui mêlent les émotions avec un comique de situation génialissime. J'essaie de tranposer ça à mon niveau.


 

Extrait de "Le grand méchant renard", de Benjamin Renner © Delcourt Shampooing, 2015

 

Benjamin Renner sait, en trois coups de crayon, offrir une personnalité à une banale volaille. Il maîtrise le rythme à merveille (vestige de son passé d'animateur ?). Et son humour universel peut séduire les enfants autant que leurs parents. Il n'a pas non plus perdu de vue l'animé, et d'ailleurs son Renard sera adapté pour la télévision. "C'est l'occasion de m'adresser à un public plus large, y compris à des enfants qui ne sauraient pas lire."

Travailleur infatigable, il s'est aussi amusé, pour sa récré, à produire un turbomédia (une bande dessinée interactive pour les tablettes et smartphones, on en parlait ici). En cliquant sur ce mini-site, les internautes peuvent y contrôler les actions du carnivore, l'aiguiller sur la meilleure (ou la pire) méthode pour s'emparer des poules. Ludique et toujours aussi fun : "Narrativement ça ajoute quelque chose. Et cette notion de choix offerte au lecteur apporte émotionnellement beaucoup, c'est une implication très différente du public."

 

Extrait de "Le grand méchant renard", de Benjamin Renner © Delcourt Shampooing, 2015


On en redemande, et ça tombe bien : c'est prévu. De nouveaux albums sont en projet, sans doute centrés sur des personnages ici secondaires. Le cochon ou le lapin qui gardent la ferme méritent probablement d'être mieux connus.

 

Toute l'actu de la bande dessinée sur Mouv', c'est par ici.

Photo de couverture : Le grand méchant renard, de Benjamin Renner © Delcourt, Shampooing, 2015

 

Par Augustin Arrivé / le 31 janvier 2016

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