Rappeurs et films d’horreur

Par Yérim Sar / le 26 octobre 2017
Rappeurs et films d’horreur
On est à J-5 d’Halloween, il était donc plus que temps de rappeler tous ces merveilleux moments où des rappeurs se sont frottés à des films d’horreur. Pas à la BO, mais devant la caméra, et souvent pour des moments enchanteurs.

Halloween approche, c’est donc le moment idéal pour regarder des films d'horreur médiocres en compagnie de son conjoint(e), ses amis, son hamster et beaucoup, beaucoup d'alcool bon marché. Le rapport avec le rap ? Il y a beaucoup, beaucoup de rappeurs qui se sont frottés au cinéma d'horreur ou au surnaturel. C'est même leur troisième registre préféré, juste derrière les films de gangster et le porno. Dans cet article se trouveront donc des images choquantes. Alors si vous avez moins de 18 ans, restez, ça peut vous intéresser.

 

Côté français

La plupart du temps c’est de l’ordre de l’apparition plus qu’autre chose comme Mokobe et Oxmo dans Sheitan. Cependant il faut saluer Doudou Masta en second rôle dans La Horde, un film de zombies où il incarne un gangster émotif.

 

Mokobe apparaît également dans Beur sur la ville ou encore Neuilly sa mère, et si vous vous demandez pourquoi on classe ces comédies françaises dans la catégorie horreur, sachez que la réponse est dans la question.

Dans le genre ovni on a aussi eu Ex(c)it. On y retrouvait Papillon, OGB, Seven, Al Kpote, 25G et j'en passe, chacun dans une très courte apparition, aucun ne fait partie des héros. Et c'est tant mieux parce qu'en fait les héros du film sont des violeurs et la fille qui les terrorise est en fait leur victime qui se venge en les traquant puis en les tuant. Ce qui veut dire que pendant tout le film les types auxquels le spectateur est censé s'attacher sont les méchants. Du coup la fin est un poil dérangeante mais heureusement pendant le générique, la fille insulte la caméra durant de longues minutes sans s'arrêter. Happy end.


Côté US

Ice-T

On l'a vu notamment dans Leprechaun 5 la malédiction également appelé Leprechaun in da hood, et ça, ça fait rêver. Ice T découvre le Leprechaun, le neutralise parce qu'il a un couteau et une batte de baseball planquée dans son afro et lui vole une flûte enchantée qui lui permet de faire des sons que tout le monde aime.

 

Ce script est donc le plus réaliste de la sélection puisqu'un rappeur qui réussit en faisant de la flûte on en connaît tous. Ensuite tout dégénère, le Leprechaun revient se venger, il y a des morts ridicules dont un écrasement à coup de pogo stick, un travesti drague le petit monstre, et pour finir le Leprechaun nous lâche un egotrip : un lutin qui fait du rap dans un club entouré de femmes sexy. Comme quoi Hamza n'a rien inventé.

 

Busta Rhymes

Busta a carrément croisé la route du célèbre Michael Myers : le croquemitaine de la saga Halloween déboule dans une téléréalité qui a pour thème ses propres crimes. Il tue tout le monde sauf que Busta Rhymes arrive à le... friendzoner, il n’y a pas d’autre mot.

 

Michael a tué plus de 50 personnes en 7 films mais là, c'est trop pour lui. Dans toute la saga Halloween, c'est exceptionnel. Ensuite on a le combat où on découvre que Busta sait imiter Bruce Lee dans les moments difficiles.

 

Pour rappel : en début de film, l'héroïne de presque toute la saga depuis le 1er opus, se fait trucider par Michael, alors que c'était la plus vaillante depuis toujours. Ce qui veut dire qu'ils ont réussi l'exploit de faire disparaître leur héroïne et de faire neutraliser leur tueur par Busta Rhymes. On comprend pourquoi ils ont préféré faire un reboot plutôt qu'une suite à ce merdier.

 

LL COOL J

Lui aussi a eu affaire au tueur masqué dans Halloween 20 ans après. Pour résumer son personnage disons que c’est le vigile de campus le plus nul du monde : il arrive à laisser partir le fils de l'héroïne, à laisser passer le tueur et à se faire flinguer par erreur. Bon ça n'est pas de sa faute, les Américains adorent tirer sur des Noirs par erreur, m'enfin quand même. Il est dans un film d'horreur, les mecs ne vont pas lui lire ses droits avant de l'allumer. Last but not least : le personnage survit, et empêche l'héroïne d'achever le tueur. Lors de l’épilogue, il annonce à sa copine qu’il décide de devenir romancier. Parcours classique.

 

LL Cool J était aussi dans Profession Profiler, qui réunit des apprentis profiler du FBI sur une île, sauf que l'un d'entre eux est un serial killer. Parce que tout le monde se pose la question, LL Cool J profiler, ça se résume à dire des vacheries à l’ensemble de ses collègues. Quant au film, en gros c'est Les 10 Petits Nègres d'Agatha Christie réécrit par un fan de Jackass puisque tout le monde meurt suite à des pièges planqués partout. Mais heureusement, le méchant finit par être vaincu, ce qui permet à LL Cool J de lâcher la punchline de sa vie : « on a trouvé son talon d'Achille... les balles. » Effectivement la peau du tueur ne résiste pas aux coups de feu. C’était rudement bien vu.

 

Mais le meilleur rôle de LL Cool J reste le cuisto de Peur Bleue, un film où des requins génétiquement modifiés dévorent l'équipage d'un sous-marin. Il passe toute la 1ère partie du film dans sa cuisine sans rien comprendre, il insulte le scénariste en beuglant qu'un cuisinier qui crève dans un four c'est de l'ironie merdique, il arrive à enflammer de l’eau, il profite d’une caméra pour livrer ses dernières volontés sauf qu’en fait c’est une blague, il se contente de donner une recette d’omelette et il a à nouveau une punchline de champion à la toute fin puisqu’il dit au héros « ramène moi des sushis ». Parce qu’effectivement il existe des sushis au requin. Drôle.

 

 

Snoop Dogg

Retour aux fondamentaux : Snoop était le méchant de Bones. Il s'agit plus ou moins d'une version pimp de Candyman, et on ne pourra jamais le prouver mais il est à peu près sûr que le film s'est vendu uniquement sur la réplique « je plane naturellement… supernaturellement » que Bones lâche quand deux dealers lui proposent de la weed avant de les tuer.

Il faut reconnaître que ça vaut le détour et le voir jouer un fantôme de l'enfer sera toujours divertissant. Il existe d’ailleurs un montage du film avec le son What's my name ; rien que pour ça, ça valait le coup.

 

Snoop a aussi fait Hood of horror, qui est à l'horreur ce que Doggystyle était au porno. C'est comme un épisode des Contes de la crypte sauf qu'à la place du squelette, c'est Snoop qui raconte des histoires. Evidemment, Snoop en conteur c'est n'importe quoi, il est accompagné d'un nain qui vomit, il a un mix entre une perruque de juge anglais et des tresses collées, il massacre un chien, etc.

 

A l'arrivée, ça s'assume plus rigolo qu'autre chose, par exemple une des histoires est en fait un remake d'une histoire du film Les contes de la crypte et tous les détails sont stupides : le méchant texan a carrément un caleçon Klu Klux Klan, une femme explose après qu'on l'ait forcée à manger du caviar avec un tuyau, un génie flingue son propre pénis en essayant d'ouvrir sa braguette et les dialogues sont unanimement idiots, mention spéciale pour le fantôme qui explique « vous êtes tous là à remercier Dieu dans vos prières, mais franchement ça lui casse les couilles, il en a rien à foutre les mecs. »

 

Redman

 

Redman est lui aussi passé à l'horreur avec Le Fils de Chucky. Il jouait son propre rôle sauf que le scénario complètement perché nous explique qu’il a lâché le rap (ça, à la limite, pourquoi pas) qu'il est devenu un réalisateur très sérieux (là, ça va déjà loin) et que le film qu'il prépare raconte l'histoire de la Vierge Marie (on vous avait prévenus).

 

Bonus : le RnB

 

Brandy était l'une des copines de l’héroïne de Souviens-toi l’été dernier 2, ce qui la conduit inévitablement à des courses-poursuite et une mort atroce. Plus récemment on a découvert Trey Songz dans Massacre à la tronçonneuse 3d, avec cette scène de bravoure qui répond à la question : que se passerait-il si on lâchait Leatherface (le cinglé à la tronçonneuse) dans un clip de lover ?

 

Et enfin il y a Kelly Rowland dans Freddy contre Jason. La meilleure pour la fin, clairement, puisqu’elle décide de partir en freestyle total dans un battle avec Freddy qui justifie à lui seul l'existence de ce film, l'invention du cinéma parlant et l'abolition de l'esclavage. Sauf que le film s'appelle pas "Freddy contre Kelly", du coup Jason intervient pour remettre de l'ordre et c'est la fin de l'aventure.

 

Et c’est aussi la fin de cet article, joyeux Halloween à toutes et à tous.

 


Crédit photo : Hood Horror

 

Par Yérim Sar / le 26 octobre 2017

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