Rappeurs en séries

Par Yérim Sar / le 16 février 2017
Rappeurs en séries
Pas de panique, c'est un jeu de mot, on va simplement parler des rapports entre séries télévisées et rappeurs, pas de serial killer ou autre. Enfin, à un moment oui, mais pas dans tout l’article.

Depuis de nombreuses lunes les rappeurs ont envahi le cinéma, mais il y a aussi un terrain plus simple : le petit écran, souvent plus accessible que le grand. Petite piqûre de rappel, sachant que The Get Down, la série sur les débuts du hip hop avec l'implication de Nas et Grandmaster Flash, a reçu un très bon accueil public et critique.

Les apparitions

Elles sont devenues de plus en plus nombreuses, et encore, on vous a épargné pas mal de séries animées. Mais en général, les apparitions ou autres statuts de guest-stars servent à la fois à booster un épisode tout en misant sur des teasers faisant la part belle au rappeur même s'il n'aura concrètement jamais un véritable rôle dans le show. C'est un échange de bon procédé dans la mesure où le rappeur lui-même bénéficie de son côté d'une exposition assez différente de ce dont il a l'habitude. C'est pourquoi l'astuce est souvent utilisée en majorité par les séries comiques ou un peu légères. On peut citer en vrac : Snoop dans The L World et Weeds, Kid Cudi dans Brooklyn Nine-Nine, Queen Latifah dans Spin City, Ghostface Killah dans 30 Rock, Tyler the Creator dans The Mindy Project, mais aussi Xzibit dans CSI Miami, DMX dans Third Watch, RZA dans Californication, Rick Ross dans Magic City et bien sûr la coqueluche du moment, Migos dans Atlanta.

Les petits rôles

Prison Break – Mike Jones

C’était la première saison de Prison Break, Mike Jones était alors une bonne petite star du rap, et on lui a donc logiquement confié un rôle sans intérêt dans la série du moment. A savoir le beau-frère d’un des prisonniers qui finira par s’échapper. Mike n’a eu que quelques scènes et aucune n’était bien marquante.

The Wire – Method Man et Fredro Starr

 

Fredro Starr (moitié du groupe Onyx) incarnait Bird, tueur à gages du clan Barksdale dans la série culte. Il a donc à son actif plusieurs épisodes et surtout deux scènes mémorables : quand il vient de se faire arrêter et qu’il fait face à Kima, inspectrice qu’il insulte sans discontinuer jusqu’à ce qu’elle perde son sang froid et appelle ses collègues pour le tabasser ; quand, à son propre procès, le juge prend un malin plaisir à se foutre ouvertement de sa gueule lorsqu’il lui annonce sa sentence.

Quant à Method Man, il a prêté ses traits à Cheese, un gangster particulièrement stupide et opportuniste, qui finit par trahir son propre oncle Prop Joe. Il y aura cependant un happy end : au dernier épisode, Cheese se prend une balle en pleine tête, et ce n'est que justice.

Le Prince de Bel-Air – Will Smith

 

Forcément. Will Smith ne jouait pas vraiment son propre rôle, mais on n’en était pas loin. Il s’agissait d’une version idéalisée, fantasmée et romancée de son personnage de rappeur : le roi du cool, tout simplement, qui a marqué toute une génération de spectateurs.

Luke Cage – Method Man

Method Man joue ici son propre rôle. Le rappeur est témoin d’un exploit du superhéros indestructible (qui neutralise sans effort un braqueur sous ses yeux) et lui dédie un freestyle par la suite. Si les créateurs de la série avaient eu un minimum de classe ils auraient appelé n’importe quel membre des Dipset mais comme la qualité médiocre de l’intrigue et du jeu d’acteur nous l’a prouvé, faire preuve de classe n’a jamais été dans leur cahier des charges.

Dexter – Mos Def

 

Dans la 6e saison de Dexter, la route du gentil serial-killer (voilà, on vous avait dit qu’on en parlerait) croise celle de Frère Sam, un criminel repenti qui aide d’autres repris de justice à se repentir et trouver un moyen de réinsertion. Le personnage est une figure de sagesse pour le héros, jusqu’à son assassinat.

Mafiosa – Joey Starr

Sans être le personnage principal, Joey Starr a défendu sa place dans le rôle d’un patron de boîte qui trempe régulièrement dans le trafic de stupéfiants. Sa réputation d’acteur étant à l’époque déjà assez bien établie, il a partagé plusieurs scènes assez importantes avec les autres comédiens.

Community – Childish Gambino

 

C’est un peu de la triche mais on va l’inclure quand même. L’acteur Donald Glover et le rappeur Childish Gambino ne faisant qu’un, on peut compter Community comme l’une des séries qui a mis le plus en avant un MC dans la mesure où Glover est l’un des héros, présents dans la majorité des épisodes.

Les Beaux Mecs – Sam's

Dans cette mini-série qui relate les mésaventures d’un truand évadé de prison pour régler ses comptes, le rappeur Sam’s campe un petit délinquant qui fait partie de l’entourage du jeune trafiquant avec qui bosse le héros. On le voit d’ailleurs carrément freestyler au cours d’une soirée au quartier.

Quand les rappeurs ont leur propre série

Loiter Squad – Odd Future

L’univers déjanté de Odd Future s’est décliné à travers Loiter Squad, série comique absurde assumée où Tyler the creator et ses potes ont enchaîné nombre de sketches totalement décomplexés, en cohérence avec leurs différents délires déjà bien présents dans leur musique.

Casseurs Flowters – Bloqués

 

Probablement la plus grosse réussite télévisée pour des rappeurs français. Orelsan et Gringe ont transposé leur univers sur le petit écran en restant sur un créneau simple : celui de la glande, avec une série de courts-épisodes qui nous montrent les deux « héros » toujours oisifs, en train de parler de tout et de rien mais surtout de grosses conneries.

Power – 50 Cent

 

50 Cent a eu le nez creux en produisant Power, qui raconte le quotidien d’un patron de club avec un pied dans le monde de la nuit et un pied dans le trafic de drogue. Fifty fait bien sûr lui-même l’acteur dans la série mais a été assez malin pour ne pas s’auto-attribuer le rôle principal. Ah, et, que ce soit vrai ou non, il a piqué une colère en « découvrant » que l’on pouvait voir son pénis dans une scène d’un des épisodes.

Les réguliers

LL Cool J - NCIS : Los Angeles

Même principe pour LL Cool J qui a décroché un rôle récurrent dans La version L.A de la franchise NCIS. Il fait partie de l'équipe au même titre que tous les autres. Là encore, c'est son aura d'acteur qui a joué, personne ou presque ne le voit comme un rappeur avant de le voir comme un comédien.

Ice-T - Players et New York Unité Spéciale

Que ce soit dans Players, une série moins connue mais assez sympathique où trois repris de justice jouaient les repentis et se reconvertissaient en consultants pour le FBI (ou un truc comme ça), ou dans le mastodonte New York Unité Spéciale, Ice-T s'est fait une place de choix dans le monde de la TV.

Common - Hell on wheels

Pendant près de 4 saisons, Common a donné la réplique aux autres acteurs principaux de la série, dans le rôle d'un esclave qui rêve de liberté et qui finit par l'obtenir.

Childish Gambino - Atlanta

Même principe que dans Community sauf que cette fois notre bon Donald est le héros du show. C'est l'acteur-rappeur qui a porté le projet sur ses épaules de A à Z (d'où l'invitation aux Migos pour leur apparition d'ailleurs).

 

Les séries rap-friendly

Ce sont les séries développant un univers et une ambiance dans laquelle les rappeurs s'intègrent assez facilement. Donc on ne va pas se mentir, ça va surtout parler de ventes de drogue, de loose et de prison.

Oz

 

Dans la série culte de HBO, qui pour mémoire se passait exclusivement en prison, déclenchant la mode des séries ouvertement hardcores tout en restant dans le domaine de l'entertainment, les rappeurs se sont succédés. On se souvient notamment de Master P en pimp qui vient annoncer une super nouvelle au chef des Aryens, Method Man et Lord Jamar (Brand Nubian) en comploteurs qui veulent prendre la place d'un chef de gang, LL Cool J en mythomane qui tente de faire croire qu'il a vendu de la drogue au gouverneur, Treach (Naughty By Nature) en serial killer sadique... Souvenirs, souvenirs.

 

Les Lascars

 

Diam's, Disiz La Peste, Weedy, Daddy Lord C, Rocca, Tunisiano et bien d'autres ont prêté leurs voix aux personnages animés des Lascars. Logique : la série était menée par des fans et même des activistes du rap, l'esthétique se rapprochait parfois du graff, chaque épisode se penchait sur une aventure drôlatique d'un mec de quartier...

Entourage

Entourage, même si on l'oublie aujourd'hui, a fait la part belle à Saigon, rappeur new yorkais très prometteur. Il avait des apparitions très régulières en début de show, et puis il a un peu disparu (autant que dans la musique d'ailleurs). Par la suite, ce sont les rappeurs déjà installés qui se sont succédés, comme Snoop, Eminem ou bien d'autres.

The Shield - Sticky Fingaz et Andre 3000

Tout au long de leur épopée tragique et mouvementée, la Strike Team du policier Vic McKey a rencontré de nombreux personnages des deux côtés de la loi. Parmi eux, un chef de gang incarné par le rappeur d'Onyx, Sticky Fingaz, mais aussi le gérant idéaliste d'un magasin de comics, qui, lui, revient seulement dans la saison 3 et la dernière, à chaque fois pour juste un épisode : dans le premier on assiste à son combat impossible contre la drogue et la prostitution dont il est témoin chaque jour devant son commerce, et dans le tout dernier épisode de la série, il est tué alors qu'il comptait se présenter aux municipales, une scène assez émouvante qui tombe à pic.

 


Crédit photo : HBO

 

Par Yérim Sar / le 16 février 2017

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