Quand le rap surfe sur la vague bleu marine

/ le 11 juin 2015
Quand le rap surfe sur la vague bleu marine
Avec la sortie du nouveau clip de Kroc Blanc, #JMLP, le rap nationaliste s’affirme comme mouvement à part entière. Le rappeur n’est pourtant pas le premier à utiliser son flow pour faire l’apologie de l’extrême droite.

T-shirt floqués « Charlie m’essuie », drapeau fasciste italien, apparition de gudistes confirmés, Kroc Blanc ne fait pas dans la demi-mesure. Dans son nouveau clip, #JMLP, en featuring avec Amalek et MC Amor, le rappeur déverse un flow au nationalisme piquant. Une ode à Jean-Marie Le Pen, surnommé le « Menhir », sur fond de musique celtique. Il s’insère dans un créneau en plein essor : le rap identitaire.

 

Le clip a été publié le 16 mai 2015. On peut notamment y voir les trois hommes kidnapper une femme en burqa et la mettre dans le coffre d'une voiture. En moins d'un mois, il approche les 50 000 vues. Un engouement qui ne surprend pas Genono, journaliste chez Noisey.

 

Bien que Kroc Blanc fasse partie d’une scène aujourd’hui encore très marginale, il n’est pas le seul représentant de cette mouvance. Un des précurseurs du rap anti-système, c’est Goldofaf. De conviction catholique traditionaliste, le rappeur s’est fait connaître en 2007 avec une reprise du groupe Sniper, Gravé dans la roche. Il s’en prend notamment au mariage homosexuel et à l’avortement. Dans un style plus explicite, FASC, militant du Renouveau Français, déclare sa flamme à l’ancien patron du FN dans Lettre à Jean-Marie Le Pen.

 

Parti pris paradoxal. Le rap prend racine dans les ghettos américains, dans les années 70. Dès ses débuts, le genre s’impose comme un support à la contestation. Il dénonce différents problèmes sociaux : l’homophobie, la pauvreté, le racisme... Avec le rap identitaire, le support reste le même, le discours, lui, est tout autre.

L’extrême droite n’a pour l’instant jamais fait appel à ces rappeurs. Cette « musique de barbare », comme la surnomme Jean-Marie Le Pen, n’est pas prête d’accompagner les meetings du FN, selon Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite.

 Je ne suis pas persuadé que lors d’une fête du Front National, remplacer la musique classique par le rap provoque de bonnes réactions. Cette musique reste associée à l’anti-racisme, aux millieux antillais, africains, à une culture de subversion


 


 

Photos d'illustration : capture d'écran Youtube.

 

/ le 11 juin 2015

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