Quand le rap français célèbre Paris

Par Yérim Sar / le 16 novembre 2015
Quand le rap français célèbre Paris
Parce que ces temps-ci ne sont pas forcément les plus évidents pour tout le monde, voici une petite sélection maison de morceaux de rap qui, chacun à leur façon, rendent hommage à la ville de Paris. De quoi se changer un peu les idées et, soyons fous, se remonter le moral.

Oxmo Puccino – Pam Pa Nam

 

Oxmo a sorti son plus beau chapeau pour fredonner une ballade parisienne à mi-chemin entre rap et chanson française. Le style est posé, l’artiste s’attache à décrire le style de vie de la capitale, à hauteur d’homme, sur des violons un peu tristounets. Une sorte de bande originale d’une journée passée à se promener aux quatre coins de Paris, où le rappeur ne se concentre pas sur un quartier particulier mais prend un point de vue de narrateur qui observe de loin une infinité de destins croisés. Avec en plus un joli clip sympatoche qui nous présente l’histoire d’un petit voleur qui tombe amoureux de sa victime. Allégorie plutôt classe.

 

Rohff – Paris

 

Fidèle à son style habituel, Rohff balance un hymne dont il a le secret. Bourrin, avec une énergie communicative, le morceau est une véritable machine de guerre qui transmet un message limpide : ici c’est Paris (banlieue comprise d’ailleurs, on ne va pas se limiter à l’intramuros), et faut pas nous faire chier. Arrogant, fier et agressif, le son est porté par une instru qui frappe fort et Rohff déroule ses rimes en bon représentant autoproclamé de la capitale, voire en conquérant. Un banlieusard à la conquête de Paris, ça fait toujours des étincelles.

 

MC Jean Gab’1 – Mes 2 amours 

 

Là, c’est le côté titi parisien de Gab’1 qui prend le dessus. En terrain connu, Gab’1 nous emmène dans une visite guidée de la capitale, sur un sample qui fleure bon le vieux Paris. Le rappeur maîtrise son sujet (le contraire aurait été étonnant pour le coup) et arrive à nous faire visualiser son périple dans la ville lumière, avec une préférence pour les quartiers populaires historiques, ou ce qu’il en reste. L’ambiance est soignée, avec l’intro du morceau où l’on entend Jean Gabin (l’acteur) et l’emprunt de la voix de Joséphine Baker pour le refrain. A noter que dans  le même album se trouve aussi le morceau Paname, qui est de son côté le pendant sombre qui nous plonge dans le côté plus hardcore de la ville.

 

Triptik – Panam remix 

On a pris le remix pour l’instru qui est encore plus dans le thème que celle d’origine. Dabaaz et Black Boul ont, eux, choisi d’insister sur la dualité de la ville : soirées pas terribles, embrouilles, hostilité… et dans le même temps le côté fascinant et attirant qui fait que « j’y suis pas né et j’y vis pas mais j’y suis 300 jours dans l’année ». Une sorte de je t’aime moi non plus qui fait que malgré tous ses défauts, les rappeurs ne pourraient jamais se passer de Paris : « dans le bon, comme dans le mauvais, on l’aime ». Tout simplement.

 

Abis – Paris

 

Abis le rappait avec conviction dans un autre morceau : « je suis pas français, je suis parisien ». Le rappeur du XIXe arrondissement nous embarque pour une description affectueuse de sa ville, et de tous les aspects qui la rendent si unique à ses yeux. Le brassage culturel, le rythme de vie effréné, le PSG… Rien n’a été oublié, et c’est tant mieux. Derrière la justesse de la description on sent aussi, évidemment, tout l’amour qu’Abis a pour la ville et ça fait du bien.

 

Doc Gyneco – Dans ma rue

 

Impossible de faire l’impasse sur le classique de Doc Gynéco. Toujours aussi nonchalant, comme à son habitude, il décrit avec son style inimitable son quotidien parisien, plus précisément celui du XVIIIe arrondissement. Sans complexe, il aborde le côté crapuleux du quartier (proxénètes, dealers, drogués, le panel est assez large) sans vraiment le glorifier, se contentant de poser un regard attendri et amusé sur cette fameuse rue que tout le monde a arpenté un jour ou l’autre.

 

Flynt – J’éclaire ma ville

 

Originaire de Paris Nord, Flynt partage son quotidien, plutôt centré sur la grisaille et les galères. Loin des belles avenues, c’est ici le visage plus triste de la ville qui est mis en avant. Flynt n’embellit pas sa routine, il se contente de la raconter dans un style épuré, sans tomber non plus dans la pleurniche, pas d’inquiétude. Le stress, le sentiment de louper beaucoup trop de choses (« l’impression de passer à côté de ma vie »), le côté blasé et vieux avant l’âge et la volonté de combattre avec l’énergie du désespoir… Paris c’est aussi ça.

 

TTC – Paris Paris

 

Gros changement de registre avec les trois agités de TTC qui se lâchent sur ce morceau où leur vision de Paris prend bien vite des allures d’egotrip survolté, à l’image du refrain, qui affirme que plus que jamais, c’est à Paris que les choses se passent. Tido Berman, Tekilatex et Cuizinier, couplet après couplet, prennent un malin plaisir à rappeler qu’ici, les femmes sont belles, les habitants sont les plus stylés, tout le monde envie les parisiens et ça depuis toujours... Bref, Paris est le centre du monde. Totalement cliché mais un peu de chauvinisme assumé ne fait pas de mal une fois de temps en temps.

 

Kohndo – Paris son âme

 

Kohndo ne se concentre pas sur un lieu précis, mais, comme le titre l’indique, livre plutôt une synthèse qui s’intéresse à l’atmosphère de la ville en elle-même. L’ambiance est on ne peut plus mélancolique à l’image du clip qui nous présente l’artiste en observateur d’un Paris nocturne, pas vraiment triste mais plutôt solitaire et anonyme. Avec toujours la base : un attachement à toute épreuve à la capitale malgré tout, « car Paris hostile c’est ça ma ville, ma pile, mon île, le départ de mon exil »

 

 

Bonus : le wake-up mix de DJ First Mike du 16 novembre qui réunit beaucoup de ces titres

 


 


 

Photo capture écran YouTube : Oxmo Puccino  - Pam Pa Nam

 

Par Yérim Sar / le 16 novembre 2015

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