PNL : dans quel lieu improbable sera tourné le prochain clip ?

Par Genono / le 16 mars 2016
Où sera tourné le prochain clip de PNL ?
Après la cité de la Scampia à Naples, les plages d'Alicante en Espagne, puis les déserts glacés d'Islande, PNL a une fois de plus frappé très fort, en tournant le clip de "La vie est belle" en pleine savane, en Namibie. Quelle sera la prochaine étape ?

 Loin d'un voyage idyllique et fantasmé autour du monde, chaque étape du parcours des deux frangins n’a fait que prouver que quelque soit le décor, le cœur et l’œsophage restent froid. Avec PNL, l'Italie perd de son attrait touristique et de son aspect chaleureux, les vestiges de la Renaissance sont remplacés par les bâtiments délabrés, et Naples devient un simple prolongement de la cité des Tarterets. Si les plages d'Alicante semblent plus festives -sans y croiser le moindre sourire, allons-y doucement-, la mer est "de larmes", l'évasion nécessite de découper des plaquettes en préambule, et hormis le soleil, tout se vit comme si on n'était jamais parti.

Le déphasage est bien évidemment plus criant quand Ademo et N.O.S posent le pied en Islande, au milieu de paysages glaciaires et apocalyptiques, mais le fil conducteur est très équivoque ; aucun décalage entre le décor et les propos, dans le monde de PNL, tout est sec, froid, et désertique. Le désert namibien n'est donc que la continuité du No Man's Land islandais, la chaleur étouffante et l'aridité en pendant du froid glacial et des étendues vides. Le contraste n'existe que dans les couleurs : même absence de civilisation, avec une verdure réduite au strict minimum, et même inexistence du moindre souffle de vie. Et si quelques bestioles viennent montrer le bout de leur museau, l'apparition -furtive, mais bien réelle- d'une carcasse de girafe ne fait que rappeler que le cerveau des deux frelons est continuellement broyé par les idées noires.

"Emmener la misère en balade", une toile de fond qui poursuit le groupe aux quatre coins du monde. Après l'Europe proche et ensoleillée, l'Europe lointaine et polaire, et l'Afrique sèche et caniculaire, on se prend déjà à imaginer les prochains points de chute de la caméra de Kamerameha -ou d'un autre réalisateur adepte des effets ralentis.

 

En Colombie

Après la Scampia, réputée pour être l'une des cités les plus dangereuses d'Europe, nos deux rappeurs pourraient prolonger leur périple au plus proche des grandes organisations criminelles, en allant rendre visite aux cartels colombiens. Un premier couplet d'Ademo axé sur le trafic de stupéfiants -un thème cher à PNL- évoquant ses remords à devoir vendre des substances toujours plus sales, et donc planté au beau milieu d'un champ de coca, puis un second de N.O.S, évoquant l'enfer et ses flammes -autre thème très cher à PNL- depuis le cratère de l'un des nombreux volcans encore actifs de la Cordillère des Andes colombiennes. Enfin, pour conclure la balade, quelques pas au milieu du désert de la Guarija, sorte de Sahara sud-américain bordé par la mer des Caraïbes et offrant des points de vue extraordinaires.

Solutions de rechange : le Nicaragua, le Chili, l'Argentine

Guillermo Legaria/EFE/Newscom/MaxPPP

 

Au fin-fond de la fosse des Mariannes

PNL a l'amour des endroits dangereux ou inaccessibles. Alors, quitte à faire dans l'inaccessible, autant aller là où personne -ou presque- n'est jamais allé : la Fosse des Mariannes, un coin qui a vu moins d'hommes que la surface de la Lune. La descente occuperait déjà la moitié du morceau, on y imagine Ademo découpant une plaquette à l'intérieur du sous-marin, ou N.O.S fumant un cigare avant d'enfiler son scaphandre. Une fois arrivé à dix-mille mètres de profondeur, la caméra enchainerait alors des plans incroyables, les deux rappeurs évoquant les abysses et reprenant le "tellement plus bas qu'terre que j'vois les pieds de Lucifer" déjà lancé sur Porte de Mesrines.

Solution de rechange : au fond d'une piscine (moins classe, mais plus simple techniquement)

 

 

Sur la planète Namek

On connait l'amour porté par PNL à un autre sigle à trois lettres, DBZ, et plus particulièrement à la planète Namek. Un fond vert, un petit prodige de l'animation, et voici Ademo et N.O.S partis à la recherche des boules de cristal : les paysages très épurés de la planète au ciel vert seraient parfaits pour prolonger le thème de l'absence de civilisation et de vie. A partir de là, on peut tout imaginer : un couplet au milieu d'un village Namek déserté -car décimé-, voire même des cadavres de Namek vaincus ; Ademo assis sur des répliques de boules de cristal ; N.O.S parcourant le vaisseau délabré de Freezer ; voir même les deux rappeurs dans un incubateur, se régénérant et récupérant leurs forces. Bref, tout est imaginable, à condition que le groupe délaisse un peu le ton très solennel de ses clips, pour se lâcher complètement.

Solutions de rechange : sur la tour Karin, l'île de Tortue Géniale, ou à l'intérieur de la salle du temps.

 

 

A Disneyland

Du Roi Lion au Livre de la Jungle, l'univers de PNL est truffé de références aux animés Disney. Si l'ultra-bondé Disneyland n'est évidemment pas le lieu idéal pour prolonger le thème du No Man's Land, imaginez le parc d'attractions fermé, silencieux et sans le moindre mouvement : une ambiance presque angoissante. Sur une prod empruntant un sample à l'entêtante musique de l'attraction It's a Small World, on imagine Ademo hissé sur le mat du bateau-pirate ou se baladant au milieu de la maison hantée, N.O.S découpant une plaquette dans le temple d'Indiana Jones ou remontant au ralenti le Space Moutain, et un grand final avec tous les potes du groupe -les têtes habituelles, que l'on voit dans chaque clip- rencontrant Mickey, Donald et Dingo -et, si possible, leur glissant quelques grammes.

Solutions de rechange : le Parc Astérix, Walibi, ou n'importe quel parc disposant au minimum d'un toboggan et d'un tourniquet

PHOTOPQR/LE PARISIEN

 

Dans la villa de Tony Montana, à Miami

Hormis Dragon Ball et Le Roi Lion, la troisième grande référence de PNL s'appelle Tony Montana. Avec un peu d'ambition et quelques efforts de reconstitution, il serait possible de voir N.O.S et Ademo rejouer les meilleurs scènes de Scarface : une discussion autour d'un "ice cream" devant la piscine, l'arrière d'une camionnette de hot-dogs avec "les mains dans la merde", le Babylon Club, la Cadillac-corbillard le concessionnaire Porsche, voire même la villa de Tony et son bain moussant avec reportages sur les pélicans. Parfait pour relater l’ascension fulgurante du groupe -mise en parallèle avec celle du gangster cubain-, à condition d'éviter la chute brutale.

Solution de rechange : Le palais de l’Élysée

 

 

Dans une navette spatiale

"Grand frère dans la soucoupe, petit frère dans la soucoupe, soixante litrons dans la soucoupe" : après sa sortie officielle, l'album Le Monde Chico n'a été que peu exploité, et on regrette que certains titres n'aient pas été clippés, notamment Mexico, Porte de Mesrines ou Dans la Soucoupe. Il est facile d'imaginer un décor pour le premier -les rues de Mexico et le désert de Sonora- comme pour le second : un hall des Tarterets pour le premier couplet, et pour le reste, la porte de Clignancourt, le feu rouge où Jacques a été allumé, et pourquoi pas un tour aux puces sur le stand du Ghetto Fab. La mise en place d'un hypothétique clip de Dans la Soucoupe serait un brin plus compliquée, mais avec un fond vert, tout est possible. On a déjà N.O.S et Ademo vu sur un nuage magique, on les imagine dans une navette Capsule Corps, quittant la Terre pour d'autres horizons, emportant avec eux quelques litrons pour ouvrir un terrain sur une autre planète.

Solutions de rechange : une météorite, l'armure d'Iron Man, les ailes d'Icare

 

 

Sur les cendres de Fukushima

Tant qu'à imaginer des paysages post-apocalyptiques, autant aller là où l'apocalypse a déjà eu lieu. Les pieds sur un sol encore fumant, inspirant à grandes bouffées l'air cancérigène, on imagine les deux frangins parcourant les ruines de la centrale, évoquant la fin du monde, l'amour d'Hervé pour les sushis radioactifs, la froideur de l’œsophage depuis la catastrophe de Tchernobyl. Aucune vie, un décor ravagé, pas le moindre signe d'espoir, et une certaine vision de l'enfer sur terre : tous les ingrédients pour un parfait clip de PNL.

Solutions de rechange : Tchernobyl, la Louisiane, Haïti, ou tout autre lieu ayant vécu une catastrophe apocalyptique

KIMIMASA MAYAMA/EPA/Newscom/MaxPPP

 

Au Venezuela, avec une go locale

Ademo le répète depuis le départ : « Igo il m’faut mon soleil, mes tartines et mon Nutella … Igo il m'faut mon oseille et ma go du Venezuela ». Depuis, les références à la l’utopique miss sud-américaine s’enchainent et se répondent. Le clip de J’suis PNL place déjà les premiers éléments de la liste suscitée (soleil et tartines), les –bientôt- 50.000 ventes du Monde Chico ont dû combler une partie de la faim d’oseille du garçon, il ne lui manque donc plus que la go vénézuélienne. Et pour la trouver, rien de plus simple qu’un billet aller pour l’aéroport Simón Bolívar. Etant donné les relations compliquées du duo avec la gente féminine, et leur manie de faire passer ces dames après famille et clients, on imagine déjà les grandes lignes du scénario : Hervé qui appelle, Yasmina -version locale de la Jasmine qui laisse son prénom apparaitre de temps à autre dans l’univers de PNL- déçue de passer au second plan, et Ademo qui termine avec une phrase laconique sur son cœur de glace.

Solutions de rechange : une go d’ailleurs, à condition qu’elle rime avec Nutella. Une go d’Alabama –moins classe-, d’Ouganda –moins glamour-, ou des lacs du Connemara –plus colonialiste.

Jose Rivera/(EPA) EFE/Newscom/MaxPPP

Dans le turfu

Ademo et N.O.S ont tendance à se décrire en partance pour une autre planète, mais on peut se demander si les deux frangins ne viennent pas plutôt d’atterrir en provenance d’une autre époque, ce qui expliquerait leur capacité à anticiper les tendances et à découvrir des territoires purifiés de toute trace humaine –car dans le turfu, la race humaine s’est autodétruite, comme prévu. Un tour dans l’avenir, sur une planète dévastée et des décors urbains vides, et le duo qui se balade, seul à New York, croisant ci et là un lion ou un chevreuil –sur le modèle de Will Smith dans I Am Legend, vous l’aurez compris.

Solution de rechange : bah, le présent, du coup.

 

 

Aux Tarterets

Parce qu'à force de chercher trop loin, on finirait par oublier le terrain de départ.

 

 


 

Photo :Capture YouTube

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Par Genono / le 16 mars 2016

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