Pédé, gouine, sodomite... L'homophobie relevée en temps réel sur Twitter

/ le 18 mai 2016
Le drapeau arc-en-ciel, symbole des militants LGBT. / CFJ20
"Je ne suis pas une tapette", "C'est pas un truc de tarlouze"... Beaucoup de tweets empruntent des paroles homophobes. Le site web No Homophobes recense toutes ces insultes. Elles sont ensuite comptabilisées sur le site, avec en prime, une sélection des tweets concernés.

Il n'est pas encore midi, ce 18 mai, mais le site No Homophobes recense déjà 1 247 tweets à caractère pour homophobe pour la matinée. L'insulte "pédé" est de loin la plus répandue sur le réseau social, suivie par "tapette", "gouine" et "sodomite". 

Le concept de ce recensement vient du Canada. L'idée a été reprise en France par les assos Mousse et ELCS (Elus Locaux Contre le Sida), qui luttent qui les discriminations liées à l'orientation sexuelle. Cette version française a été lancée lors de la Journée internationale contre l'homophobie, le 17 mai.

No Homophobes recense l'emploi de certains mots comme "pédé" et "gouine" / No Homophobes

Certains tweets répertoriés ne revêtent pas un caractère haineux. Les créateurs de No Homophones veulent juste démontrer que certains mots ou expressions sont souvent employés à la légère, alors qu'ils constituent de véritables insultes.

"Nous ne tolérons plus les propos racistes. Nous faisons quelques progrès en matière de propos sexistes. Mais malheureusement, les propos homophobes et transphobes sont encore omniprésents dans le langage courant" déplore l'asso Mousse dans la présentation du site.

Twitter devant la justice

Récemment, Twitter - ainsi que Facebook et YouTube - ont été rappelés à l'ordre par les assos SOS Racisme et l'Union des Etudiants Juifs de France, qui les accusent de ne pas faire attention à leurs contenus. Elles ont d'ailleurs assigné ces trois géants d'Internet en référé pour non-respect de leurs obligations de modération légales. Selon eux, ils ne font pas assez attention aux posts des internautes.

Florilège des tweets épinglés sur le site / No Homophobes

Jean-Luc Romero, président d'ELCS, joint par Rue89, estime que ce site pourra servir d'arme contre l'intolérance et "qu'il est une formidable base de données".

Une heure après le premier coup de d'oeil à No Homophobes, le compteur a identifié plus de 200 nouveaux tweets homophobes.

 


 

Crédits Photos : certains droits réservés pour No Homophobes et Miguel Discart

/ le 18 mai 2016

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