Pass' pass' le E-Oinj !

Par Sébastien Sabiron / le 08 mai 2014
Pass' pass' le E-Oinj !
Aux États-Unis, on ne vapote pas que de la nicotine aromatisée à la banane. Encouragés par la récente légalisation du cannabis récréatif dans le Colorado, de nombreux constructeurs commercialisent des E-joints. Où comment fumer de la beuh sans tabac et sans feu.

Vous êtes passé maître dans l'art du collage trois feuilles. La tulipe n'a plus de secret pour vous. Et votre "moustache" particulièrement réussie a épaté tout le monde sur la plage l'été dernier. Malheureusement, ces compétences durement acquises durant vos années lycées sont déjà obsolètes.

 

Dans la vidéo ci-dessus, un jeune américain teste le Firefly. Ce vaporisateur dernier cri est le premier du genre à fonctionner par convection. Plutôt que de la chauffer par contact direct, l'air chaud circule autour de la plante afin d'en extraire les différentes substances sans combustion.

Aux Etats-Unis, qu'ils soient portables ou "de salon", ces "vaporisateurs d'herbes sèches" sont légion.

Ici, le vapotesteur porte une cagoule très tendance (cliquez sur l'image pour voir la vidéo)

Officiellement, comme l'indique le site internet, le Firefly doit être utilisé avec du tabac à pipe. Officiellement. Si le produit se présentait comme ce qu'il est (un E-joint), il serait classé dans la catégorie "attirail narcotique", exposant ses créateurs à la saisie de leurs biens et de leurs actifs par le gouvernement fédéral américain.

Ceci n'est pas une pipe / Imgur
  

Installés dans la Silicon Valley, les deux fondateurs de Firefly ont travaillé chez Apple et chez Moto avant de créer leur startup. Tous deux spécialistes du design appliqué à la high-tech, ils ont conçu leur produit dans cette veine "premium", qui évoque les lignes d'un smartphone ou de n'importe quel i-bidule.

   
Contrairement à votre vieux bang en bambou, ce vaporisateur n'a pas vocation à être planqué au fond d'un placard. Il est conçu pour être exhibé fièrement. Un objet geek et chic, vendu 270 dollars (près de 200 euros) qui a même eu les faveurs d'un test dans Gizmodo. Le site d'actu high-tech en parle comme la "perfection portable".
  

Green Business

Depuis début 2014, l'usage du cannabis récréatif est légal dans le Colorado et l'état de Washington. Les barons de la high-tech ont très vite saisi l'opportunité de s'approprier une industrie jusqu'ici réservée aux hippies et aux gangsters.

 

> Retrouvez ici tous nos reportages sur la légalisation du cannabis à Denver, Colorado.

 

Denver : Yes we cannabis ! © Gaële Joly

 

Et tout le monde s'y engouffre : investisseurs, entrepreneurs, scientifiques, ingénieurs, développeurs... Pas question pour eux de faire pousser de la weed, mais des billets verts. Un vieil adage rappelle d'ailleurs que pendant la ruée vers l'or, ce ne sont pas les mineurs qui sont devenus riches, mais les vendeurs de pelles et de piolets.

Pour le cannabis médical (autorisé dans 13 états), l'entreprise Medbox a ainsi conçu une machine ultra-perfectionnée qui contrôle la température des plants, doublé d'un logiciel de stockage qui permet aux cliniques de rester dans les clous du droit local.

Les usagers récréatifs peuvent désormais compter sur tout un tas de services et d'objets connectés. Pour savoir exactement ce que vous fumez, vous pouvez tester votre beuh grâce à MyDx, un boîtier lié à une application smartphone qui mesure notamment la teneur en THC (la substance active du cannabis).

Analyse ta beuh chez toi. ™ MyDx
      
Sur le web le portail Leafly répertorie toutes variétés de marijuana, leur dosage en THC, leur goût, leurs effets, avec un système de notation par les utilisateurs. Et une fois que vous êtes bien défoncés, vous pouvez poster votre selfie (ou votre "smokefie") sur MassRoots, l'Instagram de la beuh.
  
Smokefies © MassRoot.com

En France, une rapide recherche sur le web permet de se procurer facilement des vaporisateurs, dont la vente est légale. Mais pas question de vapoter du cannabis hein, c'est toujours interdit par la loi.



Et le vapotage dans les lieux publics sera lui aussi bientôt interdit. On vous en parlait hier matin sur le Mouv'.

Pour les fans de Breaking Bad, le Saturday Night Live a imaginé l'étape suivante : le E-Meth. Hilarant ! (merci Alphonse Daudette)

Illustration de couverture : © Firefly

Par Sébastien Sabiron / le 08 mai 2014

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