Orelsan à nouveau devant la justice

Par Sébastien Sabiron / le 18 février 2014
Orelsan à nouveau devant la justice
Cinq ans après "Sale Pute", qui lui avait valu la colère des mouvements féministes, le rappeur est rejugé devant la cour d'appel de Paris pour provocation à la violence envers les femmes. Il avait été condamné à 1000 euros d'amende avec sursis en première instance.

Consacré par une Victoire de la musique au goût de revanche en 2012, on aurait pu s'attendre à ce qu'Orelsan mette un peu d'eau dans son vin. Mais l'homme n'est pas de ceux qui arrondissent les angles, comme en témoigne ce récent les Putes et moi, en duo avec Gringe, l'autre moitié des Casseurs Flowters.

Les Casseurs Flowters, sortie nov. 2013 / Cliquez sur le player


En 2009, Sale Pute déclenche la colère des associations féministes, "Ni putes, ni soumises" en tête. Orelsan est poursuivi pour "provocation au crime" et invoque la liberté de création artistique. Il est relaxé en juin 2012. Ce sont d'autres chansons qui lui valent d'être condamné un an plus tard par le tribunal correctionnel de Paris, jugement qu'il conteste aujourd'hui devant la cour d'appel.

Rassemblement féministe devant le Bataclan, 13 mai 2009

De ces huit chansons attaquées par les associations, le tribunal avait retenu quelques extraits, condamnant une "injure sexiste" pour "les féministes me persécutent, comme si c'était de ma faute si les meufs c'est des putes" (Courez Courez, de l'album Perdu d'Avance.)

Le rappeur est également reconnu coupable de "provocation à la violence" envers les femmes pour plusieurs punchlines dont "ferme ta gueule ou tu vas t'faire marie-trintigner", extrait du morceau Saint Valentin. Les juges avaient alors estimé que le néologisme incarnait le point culminant de "la banalisations des violences faites aux femmes"


Au rendu du jugement le 31 mai dernier, la ministre des Droits des Femmes Najat Vallaud-Belkacem avait salué "un rappel à la loi bienvenu" et un "signe encourageant pour la société française." De son côté Me Simon Tahar, l'avocat du rappeur, avait déploré que la justice ait ouvert une "voie large, grave, à la censure de la création artistique."

Peut-on tout dire au nom de l'art ? Éternelle question que la cour d'appel de Paris devra trancher aujourd'hui.

Images d'illustration : cc Flickr par Kmeron


 

Pour retrouver Orlesan dans le texte, en Mouv' session et en interview, c'est par ici.

Par Sébastien Sabiron / le 18 février 2014

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