On a vu "Star Wars, épisode VII" : une réussite [no spoiler]

Par Sébastien Sabiron / le 16 décembre 2015
On a vu "Star Wars, épisode VII" : une réussite [No Spoilers]
C'est le blockbuster le plus attendu de la galaxie. "Star Wars : Le Réveil de la Force" débarque sur les écrans français. Mouv' a pu le voir la veille de sa sortie en salles. Bilan : cet épisode VII remet une bonne dose de carburant dans le réservoir du Faucon Millenium.

Comment parler d'un film tellement attendu, tellement scruté, tellement fantasmé par des millions de fans à travers la planète ? Disney a la réponse : on n'en parle pas.

Depuis la première photo du casting il y a un an et demi, jusqu'à la dernière bande annnonce, en passant par des "fuites" savamment orchestrées, la machine Star Wars se nourrit du culte du secret.

 


Et les journalistes n'échappent pas à l'omerta imposée par Disney. Pour assister à cette projection presse, il fallait signer un accord de confidentialité, obtenir un "QR Code" personnel, attendre un SMS annonçant le lieu et l'heure de la projection, laisser son téléphone à l'entrée, accepter d'être surveillé par des agents équipés de "jumelles à vision nocturne". Et surtout : motus jusqu'au 16 décembre à 9h01, sous peine de poursuites judiciaires.


Pas de spoiler (promis)


il faut avouer que ce mystère (défendu par le réalisateur J. J. Abrams himself) a quand même du bon. Effet de surprise aidant, difficile de réprimer un frisson dès les premières secondes, pendant le traditionnel texte déroulant d'ouverture, sur le thème musical iconique de John Williams. 

X-wings en formation © Lucasfilm 2015


Sans trop dévoiler l'intrigue ("no spoiler", on a dit), cet épisode VII démarre plus de 30 ans après la bataille d'Endor et la chute de l'empire (dans Le Retour du Jedi). L'Alliance Rebelle, rebaptisée "La Résistance" (et menée par une vieille connaissance) doit faire face au "Premier Ordre", les héritiers de l'Empire, flanqués du diabolique Kylo Ren, un air de famille avec Dark Vador.

Kylo Ren (Adam River) ne se brûle même pas en tenant son sabre chelou / David James © Lucasfilm 2015


Au même moment, sur la planète désertique Jakku, la jeune Rey, pilleuse d'épave, fait deux rencontres qui changeront sa vie : Finn, un stormtrooper déserteur et BB-8, un droïde trop kawaï détenant des informations clés pour la Résistance.

Rey (Daisy Ridley), Finn (John Boyega) et BB-8 / David James © 2015 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved.


Ils retrouveront le cowboy de l'espace Han Solo (Harrison Ford, même gouaille et oeil rilleur que dans la première trilogie), Chewbacca (qui n'a pas vieilli d'un poil), Leia, R2D2, C3PO... Tous verront leurs destins se croiser, lancés dans une lutte à mort contre le Premier Ordre.

La Force est bien réveillée


Pour les plus âgés (ou les plus fans) d'entre nous, tout l'intêret de ce nouvel opus est de retrouver les acteurs et l'ambiance de la première trilogie. Sur ce point, J. J. Abrams a bien fait les choses. Le film est truffé de clins d'oeils et de références (le jeu d'échec dans le Faucon Millenium, Rey habitant une épave de quadripode impérial, une scène dans une taverne), sans jamais tomber dans l'auto-citation. 

Mieux, le Reveil de la Force sait à la fois être sombre et drôle. Il le doit à la justesse des personnages, les nouveaux (mention spéciale au duo Rey et Finn, dignes héritiers de Luke et Leia) comme les anciens. 
 

Finn, Chewbacca et Han Solo / David James © 2015 Lucasfilm Ltd. & TM All Right Reserved
 

En renouant avec l'humour pince-sans-rire des débuts, Abrams réussit là ou Georges Lucas avait échoué dans la "prélogie" sortie dans les années 2000, avec notamment un Jar Jar Binks ridicule, le personnage le plus détesté de la saga.
 

L'homme contre la machine
 

De fait, cet épisode VII a tous les arguments pour remiser définitivement la prélogie au placard. A commencer par des combats aériens chorégraphiés et des scènes d'actions époustouflantes. Là où Georges Lucas nous abrutissait d'effets numériques, J.J. Abrams retrouve le côté "hand made" des débuts.

Tourné en 35 mm (sur pellicule), le film privilégie les effets mécaniques, avec de vrais décors, de vrais robots, de vrais costumes de bestioles et de vraies explosions. Adossé à des centaines d'effets numériques savament dosés, l'ensemble donne au métrage un réalisme un peu absent des précédents volets.

Le Faucon Millenium marqué à la culotte par des TIE fighters © 2014 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved


La revanche des femmes

Dans la première trilogie, la gent féminine occupait une place de choix grâce à la princesse Leia, incarnation du féminisme des années 70. Dans la suivante, si Padmé Amidala tenait son rang de leader politique, elle apparaissait plutôt passive, voire soumise à son Anakin de mari.

Le Réveil de la Force consacre le retour de la femme forte et badass, à travers le personnage de Rey, qui devrait encore gagner de l'épaisseur dans les prochains volets.

Rey sur sa mobylette volante © 2015 Lucasfilm Ltd. & TM. All Right Reserved

 

En 2h15, le Réveil de la Force convoque toute la mythologie de la saga. Il renoue avec le souffle épique des débuts et ravira les fans de la première heure, sans pour autant verser dans la nostalgie.

On pourra lui reprocher son côté "best of", voire remake de la trilogie orginelle, avec l'impression tenace que l'histoire se répète. On regrettera aussi des missions trop rapidement expédiées, des obstacles trop facilement franchis par la Résistance, qui donnent du Premier Ordre l'image d'une belle brochette de bras cassés.

Mais les plus jeunes (et les néophytes) apprécieront une oeuvre de science fiction riche et sans temps mort. Pour citer Mister V (croisé à la sortie avec Jhon Rachid) : 

Ca déchire, même si ça ne vaut pas "Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?"


 

Deux jeunes padawans © Sébastien Sabiron

 

 


 

 

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Par Sébastien Sabiron / le 16 décembre 2015

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