"Ohlala", l’application qui ubérise la prostitution

/ le 26 août 2015
Ohlala, l’application qui ubérise la prostitution
À Berlin, depuis quelques semaines, une application fait parler d’elle. "Ohlala" propose de mettre en relation deux personnes pour un « rendez-vous tarifié ». Une application qui intrigue.

Quartier, horaire, prestation demandée et tarif souhaité : le ou la Berlinois(e) n’a qu’à remplir les cases de ses critères pour son rendez-vous. Un(e) « prestataire » choisit ou non de l'accepter et l’application les met en relation.

Ohlala n’existe que dans la capitale allemande, un test d’après la créatrice Pia Victoria Poppenreiter :

 C’est simple: nous mettons en relation des gens pour des rendez-vous payés immédiatement. Cela résout effectivement les problèmes dans ce marché, que les sites de rencontres et la plupart des sites d’escortes ne règlent pas: nous répondons aux attentes, à la demande.


 

 Et la loi dans tout ça ?

L’avocate, spécialiste en droit pénal Alexandra Hawrylyszyn livre, dans Le Plus de L’Obs, son analyse de la nouvelle application. Selon elle, tant que l’application ne dépasse pas les frontières allemandes, la créatrice de l’application ne risque rien légalement.

 

Depuis la légalisation de la prostitution en 2002, des maisons closes ont été ouvertes, pour permettre aux prostitué(e)s d’exercer dans de meilleures conditions. En France, alors que la prostitution est autorisée, tout ce qui favorise la prostitution d’autrui, comme les maisons closes ou les mises en relation, est illégal.

Comme dans beaucoup d’autres pays, la loi allemande interdit cependant la « mise en relation de personnes » pour des rapports sexuels rémunérés. Ceci étant considéré comme du proxénétisme.  

Mais la loi n’interdit pas de mettre en relation deux personnes, avec chacun leur libre arbitre, qui choisiront ensuite d’entreprendre ou non une relation intime.

Alexandra Hawrylyszyn souligne que le point positif de l’application serait son utilité en cas de violences car localiser l’agresseur pourrait être « facilité ». L’avocate revendique cette caractéristique comme étant une « mesure de protection supplémentaire pour les prostituées. »

Enfin, en tant qu’avocate, elle termine sur la différence entre la loi et la morale, point qui fait débat lorsqu’on aborde le sujet de la prostitution :

 Pourquoi le fait que l’argent entre en jeu rendrait-il ce concept illégal ? La loi n’est pas la gardienne de la moralité


 


Crédit Photos : capture d'écran du site Ohlala.com  


/ le 26 août 2015

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