Occupy Wall Street dans ton portefeuille

/ le 03 octobre 2013
Occupy Wall Street dans ton portefeuille
Un groupe proche d'Occupy Wall Street tente de lever des fonds pour un projet de carte de crédit aux couleurs du mouvement. Elle serait destinée aux personnes défavorisées n'ayant pas accès aux banques classiques. Une idée a priori constructive, mais qui fait grincer quelques dents.

 

Le 17 septembre 2011 à New York, un millier de personnes défilaient dans les environs de Wall Street pour dénoncer l'avidité du monde de la finance. Deux ans plus tard, "Occupy" a essaimé dans 1500 villes à travers le monde et le mouvement tente de créer... une banque.

Le 17 septembre 2011 dans le square Zuccotti à New York / cc David Shankbone

 
Sur le papier, l'idée peut sembler paradoxale. Mais "l'Occupy Card" a bel et bien une visée sociale. Le projet est porté par un professeur de droit, un ex-directeur de la Deutsche Bank et un ancien diplomate britannique. Leur promesse tient en deux phrases : "L'Occupy Money Cooperative, est comme une banque. Mais en mieux."

 
La vidéo explique que cette future coopérative bancaire proposera des produits financiers (dont une carte de paiement) moins onéreux que dans une banque classique. Gérée par ses membres, elle n'aura auncun compte à rendre à Wall Street et aux "directeurs avides de profit."

Le site du groupe présente la carte comme un "moyen de protester à chaque achat" ou encore "un service financier bon marché, transparent et de haute qualité pour les 99%" (référence au slogan : "nous sommes les 99% qui ne tolèrent plus l'avidité et la corruption des 1 % restants.")

Liaisons dangereuses

Bill Dobs / DR



Mais l'idée de voir un produit financier estampillé "Occupy" fait tiquer certains militants historiques. Interrogé par le New York Times, Bill Dobbs (militant de la cause gay et porte parole d'Occupy Wall Street) dénonce un dangereux mélange des genres.

Trop de sang, de sueur et de larmes ont été versés dans Occupy pour qu'il soit transformé en un morceau de plastique. Il s'agit d'un mariage très bizarre. Pour le bien de ce projet et pour le bien d'Occupy, ils doivent prendre des chemins séparés.


 
 
 

Les critiques portent également sur le partenariat envisagé par la coopérative avec la société Visa (condamnée par les activistes pour avoir longtemps bloqué les donnations en faveur de Wikileaks.) Un passage obligé selon les porteurs du projet, afin de diffuser l'Occupy Card le plus largement possible.

La carte de paiement sera lancée si le projet obtient les 900 000 dollars nécéssaires. Pour le moment, un peu plus de 5000 dollars ont été récoltés.

Suivez Sébastien Sabiron sur Twitter : (@sebsabiron)

/ le 03 octobre 2013

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