Neil Young fâche les élus canadiens

Par Augustin Arrivé / le 16 janvier 2014
Neil Young fâche les élus canadiens
Le Loner est un écolo de la première heure. Dans le sillage du webdoc interactif "Fort McMoney", le chanteur a choisi de protester contre l'exploitation désastreuse du sous-sol canadien. Des élus répliquent et le traitent d'ignorant.

 

Il y a quelques semaines, nous vous parlions d'un web-documentaire épatant, Fort McMoney, de David Dufresne, dans lequel les internautes partent à la rencontre des habitants de l'Alberta, région sauvage du Canada dont le sous-sol est en train d'être ravagé par l'exploitation minière. "Un projet politique", reconnaissait son concepteur.

Cette même cause écologiste a trouvé un nouveau porte-parole. Neil Young est depuis toujours un militant actif pour la sauvegarde de la planète. Le vieux rancher canadien a consacré à Dame Nature quantité de chansons, et il revient aujourd'hui à la charge contre les pétroliers et les élus à leur solde.

 

Oh Dame Nature, avec tes champs de verdure, accablée une fois de plus par la main affamée, combien de temps vas-tu pouvoir donner encore sans rien recevoir en retour, et nourrir ce monde gouverné par l'argent ?


Oh Mother Earth, Neil Young, 1990.

 

Depuis la semaine dernière, il est en tournée à travers le pays, en compagnie de la diva jazz Diana Krall. Tournée intitulée "Honorez les traités", un appel lancé au gouvernement canadien qui s'était engagé au XIXe siècle à laisser aux populations autochtones 220.000 hectares de terres vierges (traité en passe d'être violé avec cette exploitation anarchique). Les bénéfices des concerts serviront à payer les frais de justice de cette longue bataille.

Dimanche, en conférence de presse à Toronto, il a comparé la zone de Fort McMurray à Hiroshima. "Le gouvernement est hors de contrôle, l'argent y est la priorité absolue, l'intégrité ne fait même pas partie du débat." De quoi fâcher tout rouge les élus du coin. "Ce genre de déclaration relève d'une totale ignorance", a expliqué hier Brad Wall, le premier ministre de la région. "Monsieur Young a perdu beaucoup de crédibilité. Mais nous sommes un pays libre, et il peut bien raconter ce qu'il veut."

 

 

Même indignation du côté des accusés. Brian Ferguson, dirigeant de la compagnie pétrolière Cenovus Energy, a assuré que l'exploitation des sables bitumineux (puisque c'est précisément de cela qu'il s'agit) était menée "de façon responsable", et représentait un "important employeur pour le pays".

 

L'affaire est même remontée jusqu'au premier ministre canadien Stephen Harper. Son porte-parole, Jason MacDonald, rappelle que cette industrie est un "élément fondamental de l'économie" et que "le train de vie des vedettes du rock s'appuie sur ces ressources exploitées par des milliers de personnes qui triment dur chaque jour". Ce à quoi le chanteur a répondu par un argument imparable : "Les vedettes du rock n'ont pas besoin de pétrole. Ma voiture fonctionne à la biomasse, l'un des nombreux carburants du futur que le Canada devrait développer."

 

Pour en savoir plus sur l'exploitation du sous-sol de Fort McMurray, cliquez ici.

Et retour en sons et images sur un concert du vieux Young. C'était à Carhaix l'été dernier et c'est par

 


 

Photo de couverture : Cc FlickR Robert Scoble

Par Augustin Arrivé / le 16 janvier 2014

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