Musique à dos d'éléphants

Par Sébastien Sabiron / le 24 mai 2014
Musique à dos d'éléphants
En plein centre ville de Laval, les 3 Elephants convoquent têtes d'affiche et jeunes groupes à suivre. Frànçois & the Atlas Mountains, Détroit et Jagwar Ma ouvraient hier le festival à guichets fermés. Revivez le film de cette première soirée.

On avait brûlé un cierge, croisé les doigts très fort, mais quand même prévu une cape de pluie. Bon réflexe. La météo capricieuse de ce printemps n'épargne pas la Mayenne. 20h, des trombes d'eaux s'abattent sur les festivaliers et Frànçois & the Atlas Mountains entame son set.
 

Frànçois & the Atlas Mountains © Rod


En quelques morceaux, le combo français fondé à Bristol illumine la grisaille ambiante alors que le mercure chute dangereusement. Chanteur, guitariste et aquarelliste à ses heures perdues, le leader François Marry maîtrise l'art du patchwork.

© Rod

 

 

 

 

Sa pop est colorée, virevoletante, tournoyante, appuyée par un songwriting malin qui emballe tout le monde quand arrive le tube La Vérité.

On entend des sonorités gnawa, on pense à Vampire Weekend, influence revendiquée du combo.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Dakhabrakha, le souffle de Maïdan

Ils font figure d'OVNI, parés de lourds costumes traditionnels dans un festival où le jeans-t-shirt  tient lieu d'uniforme. Remarqués l'an dernier aux Transmusicales de Rennes (on y était), les quatre ukrainiens (un homme, trois femmes) de Dakhabrakha pratiquent un genre inclassable, entre folklore bulgare et rythmes africains.

Dakhabrakha © Rod


Si le quator peine un peu à capter l'attention d'un public de début de soirée, cette étrange world music venue des steppes parvient très vite à convaincre. Les trois musiciennes mêlent leurs voix sur des rythmes acérés qui portent le public jusqu'à la transe.

Dakhabrakha © Rod


Au moment de saluer, le chanteur dresse un drapeau ukrainien, évocation de l'interventionnisme russe qui menace son pays, à trois jours de la présidentielle. Dakhabra-classe.

Détroit, planche à billets

De retour en festival pour la deuxième fois de la saison (après le Printemps de Bourges), Détroit était attendu par les organisateurs des "3 Ephs" comme la locomotive de cette première soirée : "On est très excités, nous confiait il y a quelques jours le programmateur Jean-François Foulon. Dès qu'on a annoncé le groupe en décembre, on a senti une attente très forte de la part du public."

Espoirs largement dépassés : porté sans doute par la popularité de Bertrand Cantat, le festival s'est offert une soirée à guichet fermés : 5000 billets vendus, le maximum pour ce rendez-vous de centre-ville.


Bertrand Cantat et Pascal Humbert (accompagnés d'un guitariste, d'un batteur et d'un clavier) semblent avoir rodé leur set depuis leur première scène à Clermont début avril. Visiblement plus détendu au fur et à mesure des dates, Bertrand Cantat se fait plus bavard.

Devant la foule compacte et totalement acquise de l'Arène de Laval, le groupe alterne compos de Détroit et reprises de Noir Désir. A l'applaudimètre, Noir Des' l'emporte. Nous, on vote pour Détroit.

Jagwar Ma, dance machine

On les avait découverts au Pitchfork Music Festival et ils avaient fait sensation. Depuis, les trois australiens de Jagwar Ma ont traîné leur revival baggy sur les scènes géantes de South by Southwest au Texas et de Coachella en Californie. Magie des tournées, on les retrouve... à Laval.

Jagwar Ma © Rod


Jagwar Ma, c'est trois jeunes types biberonnés au son madchester de la fin des années 80. On pense aux Happy Mondays et aux Stone Roses, mais sans aucune nostalgie. Car les bondissants australiens enveloppent leur rock d'une electro frénétique et furieusement actuelle. Le frontman Gabriel Winterfield donne autant de la guitare que du sampler.

Jagwar Ma © Rod

Précédés par la hype et portés par un premier album acclamé (Howlin, écoutable par ici), Jagwar Ma a déjà son cercle de fidèle. Clément s'est envolé pour Austin spécialement pour les voir au SXSW. Il les revoit ce soir à domicile :  "Ils sont géniaux, de la techno de furieux, à voir absolument sur scène".

 

Public heu-reux © Rod


Visiblement, le public lavalois est plutôt d'accord avec lui. Malgré un début de set un peu diesel, le baggy 2014 a fait sautiller tous les éléphants de la fosse.

Plus d'infos sur le site des 3 Éléphants.

Image d'illustration : © Rod

 


 

Par Sébastien Sabiron / le 24 mai 2014

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