Mouv' part sur les traces de Dracula !

Par Augustin Arrivé / le 31 octobre 2016
Mouv' part sur les traces de Dracula
Pour Halloween, la rédac' de Mouv' est partie à la chasse au monstre. Direction la Transylvanie pour tenter d'en savoir plus sur l'une des gloires historiques du coin : le comte Dracula !

 

Le monastère de Snagov est posé sur un îlot, au milieu d'un lac, esseulé. Silence de cathédrale perturbé par quelques aboiements de chiens errants, au loin. Un débarcadère mène ici quelques curieux, l'été. Fin octobre, le ponton est désespérément vide. Il ne reste qu'un jardinier pour s'occuper du domaine et ouvrir la porte de la belle chapelle orthodoxe abandonnée.

C'est ici, derrière le choeur, que se trouverait la tombe de Dracula. Une pierre au sol, un bouquet de fleurs fanées, et un portrait du comte, prince de Valachie, mort à Bucarest, une vingtaine de kilomètres plus au sud, en 1476. Autour de son visage, cheveux longs et moustaches fières, son nom en alphabet cyrillique : Vlad Dracul. A l'état civil, il était Vlad Tepes. La suite n'est que fiction.

 

La tombe de Vlad Tepes Draculae, dans le monastère (désert) de Snagov © Augustin Arrivé

 

"A l'école, on ne nous raconte pas l'histoire de Dracula", corrige Stefan, étudiant croisé dans les rues de Bucarest. "On nous apprend la vie de Vlad Tepes, grand leader roumain du XVe siècle. Nous sommes fiers de lui, c'était quelqu'un qui aimait les gens, et qui voulait faire de la Transylvanie une région prospère." L'écrivain britannique Bram Stoker, lorsqu'il écrivit son roman, préféra se concentrer sur sa cruauté. Le prince empalait ceux qui l'offensaient. Un simple mensonge pouvait vous valoir l'exécution. Le mythe de Dracula vient de là.

Pas âme qui vive à Snagov. On tente notre chance à Bran. Comptez presque quatre heures de route depuis la capitale. La petite commune de 5.000 habitants est perchée dans les montagnes boisées de Transylvanie. En cette saison, les feuillages sont somptueux, chamarrés, marron/vert avec des pointes enneigées sur les crêtes. Le château médiéval attend le visiteur à la sortie d'un virage. Quelques tours et de beaux toits rouges.

 

Le château de Bran, en Transylvanie, domicile supposé de Dracula /Cc FlickR Nigel Swales

 

600.000 personnes ont défilé là l'an dernier. C'est (de loin) le lieu le plus visité de Roumanie. Tous les guides le vendent comme le château de Dracula. Au pied de l'édifice, des dizaines de boutiques se partagent les touristes, venus d'Australie, d'Italie, d'Ecosse. Une jeune Polonaise vient de s'acheter un bonnet-panda. "C'est comme ça, désormais, qu'on se protège des vampires."

Le guichetier d'un "manoir hanté", Gabriel, s'amuse de cette popularité : "Tout ça, ce n'est que du business. Vlad Tepes n'a vécu que cinq ans ici." Et encore, les historiens sont loin d'en être sûrs. Pour Halloween, il prépare des renforts de comédiens costumés pour effrayés le badaud. Alex Priscu, le directeur marketing du château, n'est pas là pour gâcher la fête :

Dans certains coins du monde, les gens n'ont aucune idée d'où se trouve la Roumanie, pourtant ils connaissent la Transylvanie et le comte Dracula. Personne ne peut lutter contre cette histoire. Elle échappe à tout contrôle.

 

Manoir hanté pour touristes à gauche, château médiéval à droite. Bran et ses contrastes © Augustin Arrivé


Surfant sur le mythe, ils ont accepté cette année la proposition du site d'hébergement AirBnB : offrir une nuit dans le château à deux internautes. Pour les vainqueurs de ce concours, deux cercueils sont installés dans les salons de la bâtisse. Pas forcément très confortables, mais assurément folklorique. "90% des gens viennent ici attirés par la légende", dixit Alex Priscu. "Ils découvrent ensuite le romantisme du château et la beauté des paysages." Et la moustache de Dracula, un noble respectable aux dents parfaitement proportionnées.

 


Crédit photo : représentations historique (à gauche) et fantasmée (à droite) de Vlad Tepes dit Dracula © Augustin Arrivé

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Par Augustin Arrivé / le 31 octobre 2016

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