Mila Kunis dénonce les harcèlements sexistes à Hollywood

Par Augustin Arrivé / le 03 novembre 2016
Mila Kunis dénonce les harcèlements sexistes à Hollywood
Dans une lettre ouverte publiée sur Internet, la comédienne témoigne. Elle raconte les menaces et les humilations sexistes dont elle a été victime pendant sa carrière. Un mal qui ronge les grands studios américains.

Le sexisme a de nombreuses facettes. Et Hollywood n'y échappe pas. Depuis quelques mois, les langues se délient, la parole se libère, un mouvement de révolte est en train de poindre. Dernière en date à témoigner : Mila Kunis. Sans citer de nom, la comédienne de Black Swan et Bad Moms sort de son silence. Dans une longue tribune intitulée "Tu ne travailleras plus jamais dans cette ville", elle balance sur les producteurs libidineux d'Hollywood qui forcent les femmes à vendre leur corps pour promouvoir les films.

Ayant refusé un shooting nu pour un magazine, l'actrice avait reçu cette menace de la part d'un producteur. "J'étais livide", se souvient-elle. "Mais vous savez quoi ? La Terre ne s'est pas arrêtée de tourner, le film a rapporté de l'argent et j'ai continué à travailler dans cette ville encore, et encore, et encore." S'en suit un appel, lancé à toutes les comédiennes qui démarrent dans le métier, à n'accorder aucun compromis.

Nous sommes conditionnées (...), nous ne voulons pas être éjectées de cette usine à rêves, alors nous compromettons notre intégrité en maintenant un statu quo tout en espérant que les choses changeront.


 

Mauvais calcul. Elle raconte ces fois où elle fut "insultée, mise sur la touche, moins bien payée, méprisée artistiquement" et ceci uniquement pour une question de genre. Elle ne répondait pas, préférait croire que l'agresseur, le pseudo-dominateur, était celui qui avait raison, parce qu'il était plus vieux et qu'il avait plus d'expérience. "Tout ça, c'était des conneries. Pire : c'était se rendre complice de ce qui se produisait."

 

 

Elle reconnait bénéficier aujourd'hui d'un statut enviable (elle est elle-même productrice), qui lui permet de prendre la parole sans craindre d'être blacklistée. Mais elle espère que le mouvement est désormais en marche. Elle n'est pas la première comédienne à s'indigner des façons de faire à Hollywood.

L'an dernier, Patricia Arquette, recevant l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle (pour Boyhood), brandit sur la scène du Kodak Theater un discours bref, clair et précis :

Nous nous sommes battues pour l'égalité des droits pour tous. Il est temps pour nous les femmes d'obtenir l'égalité des droits et des salaires aux Etats-Unis.


 

En 2015, c'est Meryl Streep qui prenait part à la fondation d'un incubateur de scénario à New York, le Writers Lab. Un laboratoire réservé aux femmes auteures américaines de plus de 40 ans pour combler le manque d'intérêt que les studios leur portent. "Plus il y aura de femmes à des postes de pouvoir, plus nous verrons les femmes bénéficier d'opportunités", racontait alors une scénariste, Peres Owino au Huffington Post. "Les hommes parlent d'un système basé sur la méritocratie, mais on ne peut pas engranger de mérite si on n'est jamais considérées."

 


Photo de couverture : Cc FlickR Gage Skidmore

 

Par Augustin Arrivé / le 03 novembre 2016

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